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FRANCE

Confidences de Hollande : la magistrature dénonce les "outrances" du président

 François Hollande, lors d'une allocution télévisée depuis le palais de l'Élysée, le 1er janvier 2016.
François Hollande, lors d'une allocution télévisée depuis le palais de l'Élysée, le 1er janvier 2016. AFP, Stringer
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Vidéo par : FRANCE 3
4 mn

La magistrature de France a dénoncé jeudi la vision dégradante de François Hollande du corps judiciaire, après la publication d'extraits du livre "Un président ne devrait pas dire ça..." dans lequel il qualifie l'institution de "lâche".

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Rares ont été ceux qui se sont portés volontaires pour défendre les confidences de François Hollande, révélées dans le livre "Un président ne devrait pas dire ça...", dont les bonnes pages sont parues dans la presse. Jeudi 13 octobre, la magistrature est montée au créneau pour dénoncer les "outrances" du président à l'encontre du corps judiciaire, après ses propos sur la prétendue "lâcheté" de l’institution.

>> À (re)lire sur France 24 : "Un président ne devrait pas dire ça" : les nouvelles révélations sur François Hollande

"Le président de la République en exercice a laissé publier, sans les démentir, des propos où il qualifie l'institution judiciaire, institution de lâcheté", a déclaré Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation, en préambule d'un discours de présentation de nouveaux magistrats.

Et de rappeler que son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait qualifié les magistrats de "petits pois sans saveur." "Ces outrances renouvelées à l'encontre du corps judiciaire (...) posent un problème institutionnel", a-t-il déclaré.

"Il n'est pas concevable que la charge de président de la République (...) puisse être utilisée par son titulaire pour contribuer à diffuser parmi les Français une vision aussi dégradante de leur justice."

Des élus de droite et de gauche montent au créneau

La classe politique n’a pas non plus manqué de commenter les confidences présidentielles. À quelques heures du premier débat de la primaire de droite jeudi soir, l'une des sept candidates, Nathalie Kosciusko-Morizet, a brocardé les confidences de François Hollande. "On a envie de demander quand est-ce qu'il arrête de se confesser. Et puis quand est-ce qu'il travaille surtout ?", a-t-elle lancé.

"Cette obsession de faire lui-même la chronique de son quinquennat (...) avec des fausses confidences, c'est quelque chose qui me surprend pour l'exercice de la fonction présidentielle", a renchéri le président du MoDem, François Bayrou. "Il perd la boule", a de son côté lâché un député PS.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, interrogé lors du compte rendu du Conseil des ministres, a défendu "un exercice de transparence". "Lorsque les livres sortent, ça peut être quelque fois hors contexte, ça peut effectivement susciter des débats, irriter, mais ça permet dans une démocratie à chacun de pouvoir avoir la lecture des événements qui se déroulent, des sujets qui peuvent être à un moment ou à un autre posés", a-t-il plaidé.

"Son livre est un point historique sur son quinquennat"

Son ex-compagne Ségolène Royal a, quant à elle, préféré botter en touche. "Il faut que le débat politique reprenne de la hauteur".  Pour Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof, centre de recherches politiques de Sciences-Po, la sortie de ce livre, prévue ce jeudi, n’a rien d’étonnant. "François Hollande est dans l'accélération claire pour une nouvelle candidature, son livre est un point historique sur son quinquennat, le pourquoi du quoi, il en est ou sur son mandat, c'est absolument existentiel, il donne des raisons à un nouveau mandat. […] Et de poursuivre, il raconte une histoire, inversion de la courbe, protection des français etc... Il parle également des avantages des présidents, il joue la carte du garant de l'équilibre en France face à une extrême droite dangereuse".

 

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