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Richard Turner, responsable des partenariats Android : "Il fallait que Google devienne un fabricant de devices"

Richard Turner/Google

À l’occasion de l’Android Innovation Day qui s’est tenu à Paris le 13 octobre, on a pu poser quelques questions à Richard Turner, le directeur des partenariats Europe chez Android. On a parlé concurrence, avenir du mobile et réalité virtuelle.

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Forcément, lorsque l’on a su qu’on allait rencontrer Richard Turner, responsable des partenariats Android pour l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Amérique latine – une bonne partie du monde en somme –, on a eu envie de l’interroger sur la récente sortie de Pixel, le smartphone fabriqué par Google, et sur ses éventuelles conséquences pour le monde des fabricants de mobiles, qui tournent aujourd’hui à plus de 75 % sur Android. N’y aurait-il pas un léger risque de concurrence déloyale ?

VOIR AUSSI : Pixel, Google Home, Daydream : Google fait son entrée dans la cour des grands du hardware

Il y a quelques jours, vous avez dévoilé toute une gamme de nouveaux devices, vous déclarant à part entière comme un nouvel acteur du marché du hardware. N’est-ce pas problématique dans votre collaboration avec les entreprises qui utilisent Android, d’un point de vue concurrentiel ?

C’est effectivement un grand changement pour Google et pour les autres fabricants de devices. Mais il faut aussi remettre ça dans son contexte : nous avons acheté Motorola en 2012 (avant de le revendre en 2014, ndlr.), nous avons lancé la gamme Nexus… Ce n’est donc pas une totale rupture. Mais aujourd’hui, on veut tenter de nouvelles choses, aller plus loin, et à notre sens, la meilleure manière d’y arriver était de devenir des fabricants nous-mêmes, en prenant la responsabilité d’un package complet "software-hardware". Nous avons aussi fait le choix de développer un OS gratuit et open-source. Dans toute collaboration – qu’il s’agisse ici de nous ou de nos partenaires – il faut faire des compromis. Là, je crois surtout qu’en tant que fabricant, on va pouvoir faire nos propres erreurs, et en tirer des leçons.

Mais Samsung ou HTC doivent-ils s’inquiéter de votre nouveau rôle de fabricant ?

Non, je ne crois pas. Je n’ai en tout cas eu vent d’aucune inquiétude de leur côté, et je sais qu’ils me le feraient savoir si quelque chose les dérangeait. En réalité, je crois qu’ils vont aussi tirer parti [de notre nouveau rôle]. Le fait est que nous allons pouvoir nous améliorer sur tout un tas de choses, et nous ne serons pas les seuls à en récolter les bénéfices.

Quels sont aujourd’hui les grands challenges que va devoir relever Android ?

À ce jour, notre plus grand défi est indéniablement la sécurité. On doit s’assurer constamment que nos produits sont mis à jour et fiables, d’autant qu’Android grandit encore et encore. Notre responsabilité est de protéger l’utilisateur, et donc sa vie privée, en faisant barrage à tous types de malwares et autres tentatives d’intrusion. Il suffit de discuter avec n’importe qui dans la rue pour comprendre que la sécurité des données de chacun fait partie de ses préoccupations. Le risque aujourd’hui de se faire pirater effraie tout le monde, et moi le premier. C’est pourquoi on travaille aussi constamment avec les fabricants et les développeurs du monde entier : car Android est ouvert, et il ne revient pas seulement à Google de trouver des solutions. 

Comment voyez-vous l’avenir du mobile ?

Vous savez, notre existence en elle-même est déjà une grande responsabilité. On doit s’efforcer d’être toujours fonctionnel, appréciable, et surtout, innovant. Parallèlement, Google s’impose de plus en plus comme une entreprise axée sur l’intelligence artificielle et sur la réalité virtuelle, qui s’annonce être une technologie d’avenir.

En tous cas, pour moi, la réalité virtuelle est d’une évidente compatibilité avec le smartphone, qui devient de plus en plus puissant. Pixel est d’ailleurs déjà "VR ready". Et grâce à Android, n’importe quel fabricant pourra en avoir sa propre approche. Pour tout vous dire, je n’étais pas du tout convaincu par la VR il y a encore quelques temps. Mais mon expérience avec Tilt Brush (l'application de peinture en VR de Google) m’a fait changer d’avis ! On sait aussi qu’on a un rôle à jouer dans l’accès à l’information, à l’éducation… Et bien sûr, la réalité augmentée est une technologie super excitante.

Plus que la réalité virtuelle ?

Oh, ça, c’est assez difficile à dire, du moins si l’on se projette sur dix ans. Dans le cas de la VR comme de l’AR, je vois en tous cas déjà les formidables usages qu'on va pouvoir en faire : imaginez nos futures recherches d’appartement ou de maison. On n’aura plus besoin de se déplacer pour en visiter 50 !

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