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Bosnie : après 17 ans de pouvoir bosniaque, Srebrenica élit un maire serbe

Mladen Grujicic tient une conférence de presse le 2 octobre 2016 à la suite du premier tour des élections municipales de Srebrenica.
Mladen Grujicic tient une conférence de presse le 2 octobre 2016 à la suite du premier tour des élections municipales de Srebrenica. Elvis Barukcic, AFP

Un Serbe a été officiellement élu lundi maire de la ville-martyre de Srebrenica. Sa victoire inquiète les habitants bosniaques. Mladen Grujicic rechigne à parler de génocide au sujet des massacres commis lors de la guerre de Bosnie.

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Depuis 1999, la ville de Bosnie-Herzégovine Srebrenica était gouvernée par des maires musulmans bosniaques. Lundi 17 octobre, la commission électorale a officiellement validé la victoire d'un Serbe, Mladen Grujicic, à la mairie de la ville.

Pour les habitants bosniaques de cette cité-martyre de la guerre intercommunautaire de Bosnie, cette élection est inquiétante. Ils reprochent au nouvel édile de ne pas dire publiquement que le massacre de plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques, en juillet 1995, était un acte de génocide.

>> À voir sur France 24 : "Sarajevo la martyre, toujours divisée, vingt ans après la guerre"

Jeudi, l'association des "mères de Srebrenica", représentant les proches des Bosniaques massacrés en 1995, avait demandé l'annulation de l’élection, accusant le candidat serbe d'avoir bénéficié de "fraudes" pour arriver en tête.

"Graves irrégularités"

Pour Munira Subasic, présidente de l'association, le refus de la victoire de Mladen Grujicic n'est pas motivé par le fait qu'il soit serbe mais par "de graves irrégularités".

"Il y a eu sur les listes d'électeurs 500 personnes décédées et 2 500 personnes qui vivent en Serbie qui sont venues voter à Srebrenica", a affirmé Munira Subasic, qui a perdu des proches dans ce massacre considéré comme un acte de génocide par la justice internationale.

Elle a qualifié Mladen Grujicic de "négationniste". Celui-ci se refuse à évoquer le terme de "génocide", tout en reconnaissant qu'un massacre a été commis. "Le fait qu'il soit serbe n'est pas important. Le problème, c'est que ses idoles sont Radovan Karadzic et Vojislav Seselj", a-t-elle assuré.

Radovan Karadzic a été condamné à 40 ans de prison par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, notamment pour crimes de guerre et contre l'humanité, et acte de génocide. Acquitté, Vojislav Seselj est considéré par les Bosniaques comme un chantre de l'ultranationalisme serbe et de l'épuration ethnique. Il a soutenu Mladen Grujicic durant la campagne.

Cette élection s’inscrit dans un climat de tensions grandissantes entre les communautés serbes et bosniaques de Bosnie. En janvier, les Serbes de Bosnie se sont prononcés pour le maintien de leur "fête nationale" le 9 janvier alors que cette date controversée coïncide avec celle de la proclamation de la "République du peuple serbe en Bosnie-Herzégovine" le 9 janvier 1992. La guerre qui avait suivi avait fait 100 000 morts et 2 millions de déplacés, soit la moitié de la population bosnienne.

Avec AFP
 

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