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EUROPE

Traité de libre-échange Ceta : bras de fer entre le Canada et la Wallonie

© Nicolas Lambert, Belga, AFP | Le ministre-président de Wallonie lors d'une réunion sur le Ceta au Parlement de la région, le 18 octobre.

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 19/10/2016

Le refus de la Wallonie de souscrire au traité de libre-échange entre l’UE et le Canada risque de mettre un coup de frein à sept ans de négociations. De quoi irriter le très consensuel Premier ministre canadien Justin Trudeau.

C’est sept années d’âpres négociations qui risquent de tomber à l’eau. Le Ceta, traité de libre-échange entre le Canada et la Belgique, devait être signé le 27 octobre à Bruxelles en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Mais rien n’est moins sûr depuis que les Wallons ont décidé de s’y opposer. L’assemblée législative de Wallonie, région francophone du sud de la Belgique, a opposé vendredi 14 octobre son veto à la ratification du traité par la Belgique. Ce blocage des francophones de Belgique est unique en son genre dans toute l’Union Européenne.

Bien qu’il s’agisse d’une petite région belge de 3,6 millions d’habitants, son refus peut mettre à mal un traité qui concerne plus de 535 millions d’Européens et de Canadiens : la Belgique étant un état fédéral, l’accord au niveau national de ses sept parlements est nécessaire pour ratifier l’accord.

Ultimatums et efforts diplomatiques

Une impasse qui suscite des inquiétudes quant à la capacité de l’UE à trouver un accord unanime sur cette question mais aussi sur d’autres à l’avenir. Dans le but d’éviter un report sine die du sommet UE-Canada du 27 octobre, d’intenses efforts diplomatiques ont donc été déployés. François Hollande a notamment reçu Paul Magnette, ministre-président de Wallonie, mais ce dernier campe sur ses positions. En vain. Les 28 ministres européens du Commerce ainsi que l’exécutif européen se sont réunis mardi à Luxembourg, sans plus de succès. Paul Magnette justifie sa position au nom du "respect des procédures démocratiques", alors que la Belgique est soumise à un ultimatum pour donner son feu fer d’ici le prochain sommet européen, le 21 octobre.

De son côté, la Commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström a également mis en garde contre les conséquences désastreuses d'un rejet de l'accord avec le Canada. "Si l'on n'arrive pas un accord avec le Canada, je ne suis pas sûre que nous arriverons à un accord avec le Royaume Uni", a-t-elle prévenu évoquant le Brexit.

Ultimatum, efforts diplomatiques et mises en garde sont restés lettre morte. Paul Magnette a douché les espoirs de parvenir à un accord d’ici vendredi."On ne pourra pas signer d'ici vendredi. Ce n'est pas raisonnable. Je crois qu'il faut dire les choses clairement", a déclaré le socialiste Paul Magnette sur la radio publique belge RTBF.

La Wallonie ne ferme pas totalement la porte au traité mais veut le renégocier et demande pour cela plus de temps. C’est ce qu’a expliqué à France 24 André Antoine, président du parlement de Wallonie : "Nous sommes favorables à des traités, nous sommes convaincus que ce type d’échange peut avoir des effets positifs sur le plan du PIB, de l’économie, de l’emploi. (…) Mais là, il ya de quoi réfléchir et nous demandons le report du sommet Canada-Europe afin de pouvoir négocier sereinement".

Trudeau se pose la question de l’utilité de l’Europe

Plusieurs éléments du traité sont inacceptables pour les dirigeants Wallons. Paul Magnette évoque notamment "un mécanisme d'arbitrage" n'offrant pas de garanties suffisantes, la "clause de sauvegarde" qui protège les agriculteurs canadiens mais pas leurs homologues européens en cas de distorsion des marchés, ou encore la possibilité pour des entreprises américaines ayant des activités au Canada de profiter du traité pour bénéficier des avantages prévus dans le Ceta.

Une situation qui n’a pas manqué d’agacer le Premier ministre canadien qui depuis son élection il y a un an, a le vent en poupe dans les sondages, et a hérité du dossier du Ceta négocié par ses prédécesseurs. Prenant le risque d’écorner sa popularité et son image lisse, Justin Trudeau n’a pas mâché ses mots. "Si dans une semaine ou deux, l'Europe est incapable de signer une entente commerciale progressiste avec un pays comme le Canada, avec qui l'Europe pense-t-elle faire affaires dans les années à venir?", a-t-il lancé.

"Pour moi, c'est un moment où se posent des questions sur l'utilité de l'Europe : si l'Europe n'arrive pas à signer cet accord, ce sera un message très clair, pas seulement aux Européens, mais aussi au monde entier que l'Europe est en train de choisir une voie peu productive, pour ses citoyens comme pour le monde", a fustigé le dirigeant libéral.

Avec AFP
 

Première publication : 19/10/2016

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