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FRANCE

Qatar : un livre accuse des responsables politiques français de monnayer leurs services

© Alain Jocard, AFP (archives) | Le secrétaire d'État aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 20/10/2016

Les journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot publient un livre sur les liens de la France avec les monarchies du Golfe. Ils épinglent notamment les relations entretenues par des politiques français avec le Qatar.

Dans leur nouveau livre "Nos très chers Emirs", consacré aux liens entre la France et les monarchies du Golfe, qui sort aujourd’hui en librairie, les journalistes Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro, et Christian Chesnot, du service étranger de France Inter, dénoncent notamment les relations intéressées qu’entretiennent certains membres de la classe politique française avec le Qatar.

Les deux ex-otages en Irak pointent directement du doigt des élus de la République, droite et gauche confondues, et même un membre du gouvernement actuel, qui auraient cherché à tirer profit des fortunes colossales des émirs. Et ce, en faisant notamment pression sur leurs représentants en France. Au point de sidérer ces derniers par leurs demandes de cadeaux et de financements.

Des accusations retentissantes alors que Doha et Riyad sont fréquemment accusés d’avoir propagé le wahhabisme dans le monde musulman et de financer directement ou indirectement des mouvements radicaux, voire jihadistes.

Jean-Marie Le Guen gravement mis en cause

Le magazine Le Point dévoile les bonnes feuilles du livre, dans lesquelles le secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, est particulièrement égratigné. Ce dernier est accusé d'avoir fait pression pendant plus d’un an sur l’ambassade du Qatar pour imposer la création d’une agence de communication, au profit de l’un de ses proches.

Jean-Marie Le Guen a fermement démenti les accusations et a annoncé sur Twitter qu'il allait porter plainte en diffamation.

Un officiel qatari cité par les auteurs affirme que le socialiste aurait déclaré "tenir tous les députés et sénateurs de [son] camp", et qu’il pouvait ainsi "bloquer les questions hostiles au Qatar ou au contraire les alimenter".

L’ancienne Garde des sceaux Rachida Dati est elle accusée d'avoir réclamé en 2015 "pas moins de 400 000 euros" à l’ambassade du Qatar pour financer une association diplomatique du 7e arrondissement de Paris, dont elle est le maire. Devant le refus de l'ambassadeur, l’eurodéputée aurait attaqué l’émirat lors d’un entretien accordé le lendemain au journaliste Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Une initiative qui lui a valu d’être placée sur la liste noire du Qatar.

Une sénatrice réclame un cadeau de "fin d’année"

Le livre présente un autre épisode singulier. La sénatrice centriste Nathalie Goulet aurait réclamé un cadeau de Noël à l’ambassadeur fin 2015. "Comment se fait-il que je n’aie pas reçu mon cadeau de fin d’année ; d’autres sénateurs en ont eu un et pas moi ?"

Autre caprice rapporté dans le livre : celui de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui bouderait les invitations à Doha, s’il n’obtient pas de place en première classe dans les avions de la Qatar Airways.

De son côté Nicolas Bays, député socialiste du Nord et membre du groupe France-Qatar, est accusé d'avoir quémandé par SMS des billets d'avion pour le Qatar, et des nuits d'hôtel pour sa femme et ses enfants à Doha. Des demandes ironiquement rejetées par l’ambassadeur qatari Meshaal al-Thani, qui lui a conseillé d’acheter lui-même ses billets et de profiter des promotions proposées sur le site de Qatar Airways.

Selon un proche du représentant de l’émirat, ce dernier en a eu "assez des hommes politiques français qui le prennent pour une banque". Et ce, même si l’émirat pratique "depuis longtemps la diplomatie du carnet de chèques" rappellent les auteurs, qui évoquent des Rolex et des bons d'achat de 6 000 euros dans les grands magasins offerts à certains parlementaires.

Plusieurs personnes citées dans le livre ont annoncé leurs intentions de poursuivre en justice les auteurs du livre pour diffamation. De leurs côtés les deux journalistes affirment n'avoir publié que les noms de ceux pour lesquels ils possèdent des éléments probants.

"Nos très chers Émirs", publié chez Michel Lafon, par Christian Chesnot et Georges Malbrunot.
 

Première publication : 20/10/2016

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