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Turquie : heurts entre policiers et manifestants après l'arrestation des co-maires kurdes de Diyarbakir

Face à face tendu entre policiers turques et manifestants kurdes à Diyarbakir, le 26 octobre 2016.
Face à face tendu entre policiers turques et manifestants kurdes à Diyarbakir, le 26 octobre 2016. Ilyas Akengin, AFP

La tension est à son comble à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, où des violences ont éclaté mercredi entre policiers et manifestants, au lendemain de l'arrestation des deux co-maires de la ville majoritairement kurde.

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De violents heurts ont éclaté mercredi 26 octobre à Diyarbakir au lendemain de l'arrestation des deux co-maires de cette grande ville du sud-est de la Turquie, à majorité kurde, où les autorités turques ont lancé la chasse aux responsables locaux jugés proches de la rébellion kurde.

Des policiers déployés autour de la mairie de la ville ont dispersé des centaines de manifestants, dont certains jetaient des pierres, à coups de matraque, de grenades lacrymogènes et de canons à eau, a constaté un journaliste de l'AFP. Au moins 25 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, ont précisé à l'AFP des responsables des forces de sécurité.

Gültan Kisanak, une figure importante de la cause kurde et première femme élue à la tête de Diyarbakir, et son collègue, Firat Anli, ont été placés en garde à vue mardi soir dans le cadre d'une enquête sur de présumées "activités terroristes" liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a indiqué le parquet de la ville dans un communiqué.

Les autorités turques ont multiplié ces dernières semaines, dans le sud-est du pays, les suspensions et arrestations de responsables locaux et fonctionnaires accusés de "propagande terroriste" ou de "soutien logistique" pour le compte du PKK, qui mène une sanglante guérilla contre Ankara depuis 1984.

Le parquet leur a interdit l'accès à un avocat pendant les cinq premiers jours de leur garde à vue, une mesure autorisée dans le cadre de l'état d'urgence instauré en Turquie après le putsch manqué en juillet dernier, a rapporté l'agence de presse Dogan.

L’UE affirme suivre l’affaire de près

L'Union européenne a fait savoir qu'elle suivait "les informations très inquiétantes sur l'arrestation des co-maires démocratiquement élus de Diyarbakir" dans un communiqué signé par sa chef de la diplomatie Federica Mogherini et le commissaire à l'Élargissement, Johannes Hahn.

Le Conseil de l'Europe, dont la Turquie fait partie, s'est dit "particulièrement préoccupé". "Nous allons demander aux autorités de notre État membre, la Turquie, de nous fournir les explications nécessaires", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le Parti démocratique des peuples (HDP), principale formation prokurde du pays, a appelé mercredi la communauté internationale à "ne pas rester silencieuse" face à l'arrestation des deux co-maires qu'il juge "illégale et arbitraire" et motivée par un "esprit de vengeance" du gouvernement.

Selon le parquet de Diyarbakir, Gültan Kisanak et Firat Anli sont notamment soupçonnés d'avoir permis l'utilisation de véhicules municipaux pour les funérailles de membres du PKK tués par les forces de sécurité, d'avoir "incité à la violence" ou encore d'avoir soutenu des appels en faveur d'une plus grande "autonomie". Gültan Kisanak a été arrêtée mardi soir à la descente de l'avion qui la ramenait d'Ankara.

Connexion internet coupée

Plusieurs municipalités du Parti pour la paix et la démocratie (BDP, prokurde) du sud-est de la Turquie sont dirigées par des co-maires, généralement une femme et un homme, dans un geste symbolique d'égalité. C'est aussi le cas du HDP, co-présidé par Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag.

La connexion Internet a été coupée mercredi matin à Diyarbakir, a constaté l'AFP, et n'avait toujours pas été rétablie en début de soirée.

Le mois dernier, 24 maires du sud-est du pays soupçonnés d'être liés au PKK ont été suspendus et remplacés par des administrateurs nommés par le gouvernement, une mesure qui a déclenché des manifestations dans plusieurs villes de la région.

Un administrateur désigné par le gouvernement a été tué par balles le 16 octobre à Van, dans l'est de la Turquie, au cours d'une attaque qui n'a pas été revendiquée.

Le PKK, considéré par Ankara et ses alliés occidentaux comme un groupe terroriste, et l'armée turque ont rompu, à l'été 2015, un fragile cessez-le-feu et repris les hostilités, qui ont fait plus de 40 000 morts depuis 1984.

Avec AFP
 

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