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La dernière super-production de Bollywood ravive les tensions entre l'Inde et le Pakistan

L'actrice indienne Aishwarya Rai et le réalisateur du film "Ce coeur est difficile" Karan Johar, à Mumbai, le 22 octobre 2016.
L'actrice indienne Aishwarya Rai et le réalisateur du film "Ce coeur est difficile" Karan Johar, à Mumbai, le 22 octobre 2016. AFP

Des nationalistes hindous ont menacé de saccager des cinémas de Bombay après la sortie d’un film mettant en scène un acteur pakistanais. Sur fond de regain de tensions entre l'Inde et le Pakistan, le gouvernement local a cédé à leurs revendications.

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C’est une histoire d’amour qui horripile les ultranationalistes hindous. La sortie, jeudi 27 octobre, du film indien "Ce cœur est difficile", ("Ae Dil Hai Mushkil" en hindi), une comédie à l’eau de rose entre la star internationale indienne Aishwarya Rai et l’acteur Fawad Khan, est aujourd’hui au cœur d’une importante controverse politico-cinématographique.

Le petit parti nationaliste, Maharashtra Navnirman Sena (MNS), qui détient 10 % des sièges au conseil municipal de Bombay, a menacé de saccager tous les cinémas de la ville si le film était diffusé. L’objet de leur courroux : Fawad Khan, un acteur populaire dans tout le pays mais… pakistanais. Une nationalité qui indispose fortement le MNS au moment où le Cachemire, région que se disputent l'Inde et le Pakistan, connaît une nouvelle flambée de violences.

 

AFP

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Excuses publiques et extorsion d'argent

L’affaire aurait pu en rester là, mais le chantage exercé par les partisans du MNS a fonctionné : face aux pressions du groupuscule d’extrême-droite, le réalisateur du film, Karan Johar, a dû présenter des excuses publiques à la télévision. Il s’est même engagé à ne plus recruter, à l’avenir, d’acteurs pakistanais.

Le MNS a aussi obtenu que la diffusion du film en salles soit précédée d’un message de soutien à l’armée et aux victimes de l’attaque du 18 septembre. Ce jour-là, l’armée indienne a subi une attaque de terroristes pakistanais au Cachemire. Dix-neuf militaires indiens ont été tués. Mais ce n’est pas tout. Les producteurs du film ont également promis de verser une somme de 690 000 euros à une association d’aide à l’armée indienne. Sorte de "pénitence" pour laver l'affront du casting du film.

En échange, Raj Thackeray, le leader du parti d'extrême droite a "autorisé" la diffusion du long-métrage, et promis de ne pas vandaliser les salles de cinéma. "Ce parti [le MNS] a beau être marginal au niveau national, il jouit d'une grande capacité de nuisance à Bombay, et les producteurs de Bollywood ne peuvent donc pas l'affronter de peur qu'il paralyse leur activité dans le futur", explique le correspondant de RFI.

"Grave abdication du gouvernement indien"

Reste que cette affaire "est digne des pires films de gangsters produits par Bollywood", s’indigne de son côté Libération. L’accord Bollywood-MNS est d’autant plus surprenant qu’il a été conclu sous l'égide du Premier ministre du Maharashtra, l'État indien dans lequel se situe Bombay.

En signant cet accord, "[Bombay] sous-entend qu’un cinéaste doit payer pour diffuser son film sans violence. Mais surtout il met en lumière la grave abdication du gouvernement indien face à son devoir de garantir et de protéger la primauté du droit", a dénoncé The Indian Express dans un éditorial publié mardi 25 octobre.

 

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