Accéder au contenu principal

Yémen : Saïda, symbole de la famine qui ravage le pays

Saïda Ahmad Baghili à l'hôpital Al-Thawra dans la ville de Hodeida.
Saïda Ahmad Baghili à l'hôpital Al-Thawra dans la ville de Hodeida. AFP

Publiée en une d'un journal britannique, l'image du corps décharné de la Yéménite Saïda Ahmad Baghili, affamée, a fait le tour du monde. La photo choc est devenue le symbole d'une crise alimentaire majeure au Yémen, passée sous silence.

PUBLICITÉ

Comment croire que cette Yéménite n'est âgée que de 18 ans ? Cette jeune femme, qui en paraît aisément 20 de plus, s’appelle Saïda Ahmad Baghili. Les lecteurs du Times ont découvert son visage émacié et son corps rongé par une malnutrition sévère en une du quotidien britannique jeudi. Saïda Ahmad Baghili apparaît les yeux fermés, son corps d'une maigreur extrême déformant à peine le lit de l'hôpital sur lequel elle est allongée. Elle a été admise dans un établissement de Hodeida, quatrième ville du pays, sous contrôle des rebelles chiites houthis. Depuis, les photos de la jeune femme ont fait le tour du monde, symbolisant la crise humanitaire qui dévaste aujourd’hui le Yémen. 

>> Pour voir les tweets sur vos smartphones et tablettes, cliquez ici.


"Une génération entière pourrait être compromise par la faim"

Selon l’Unicef, près de trois millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire immédiate, 1,5 million d’enfants souffrent de malnutrition, dont 370 000 de malnutrition dite "aiguë sévère". À ce stade, le système immunitaire de ces mineurs est si faible que le risque de les voir mourir de maladie est multiplié par 10. "La faim augmente chaque jour et les personnes ont épuisé toutes leurs stratégies de survie. Des millions de personnes ne peuvent pas survivre sans aide extérieure", s'alarme le directeur régional de l’agence onusienne du Programme alimentaire mondiale (PAM), Muhannad Hadi. Pour le directeur du PAM au Yémen, Torben Due, "une génération entière pourrait être compromise par la faim [...] Nous devons intensifier notre aide vitale pour atteindre plus de personnes avec une assistance alimentaire en temps opportun et un traitement préventif. Nous lançons un appel à la communauté internationale pour soutenir le peuple du Yémen".

Une crise qui s'aggrave chaque jour un peu plus

À en croire les témoignages alarmistes qui proviennent de la capitale Sanaa, la situation empire. Depuis de semaines, des milliers de Yéménites sont privés de salaire et ne peuvent plus s'acheter de quoi manger. La Banque centrale a été transférée de Sanaa, tenue par les rebelles, vers la ville d'Aden, "capitale provisoire" du gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui vit en exil à Riyad. "[Le transfert de la Banque centrale] est la mesure la plus grave qui impacte la vie quotidienne de sept à huit millions de Yéménites. C'est le signe d'un effondrement total de l'économie", explique Mustapha Nasser, directeur du Centre des études et des informations économiques.

>> À voir aussi sur France 24 : Après 18 mois d'offensive saoudienne, un espoir de trêve

Chronique au Yémen, pays le plus pauvre de la Péninsule arabique, la famine a été sérieusement exacerbée par le conflit qui oppose depuis 2014 les rebelles chiites houthis, accusés de liens avec l'Iran, au gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par l'Arabie saoudite. Ce conflit a fait plus de 6 900 morts, 35 000 blessés et déplacé au moins trois millions de Yéménites depuis l'entrée, en mars 2015, d'une coalition militaire arabe sous commandement saoudien dans le pays pour épauler les forces du président Hadi.

Avec AFP

 

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.