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Turquie : nouvelle vague de purges suite à la tentative de coup d'État

Des officiers de police se tiennent devant le tribunal de Diyarbakir, alors que deux maires accusés de "terrorisme" y sont conduits, le 30 octobre 2016.
Des officiers de police se tiennent devant le tribunal de Diyarbakir, alors que deux maires accusés de "terrorisme" y sont conduits, le 30 octobre 2016. Ilyas Akengin, AFP

Les purges se poursuivent, en Turquie, après la tentative de coup d'État avortée de juillet. Les autorités ont limogé 10 000 nouveaux fonctionnaires, selon deux décrets publiés samedi soir au Journal officiel.

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Les autorités turques poursuivent leur traque des responsables présumés de la tentative de coup d’État de juillet dernier. Deux décrets parus samedi 29 octobre dans la soirée au Journal officiel ont ainsi acté la purge de plus de 10 000 nouveaux fonctionnaires, la fermeture de 15 nouveaux médias et le nouveau mode de désignation des recteurs d'université, qui ne seront désormais plus élus mais nommés par le président.

Selon les comptes de l’agence Reuters, l’État turc porte ainsi à près de 100 000 le nombre de fonctionnaires, juges, procureurs et policiers déjà limogés ou suspendus, suscitant l'inquiétude de l'opposition et des partenaires occidentaux de la Turquie quant au respect de l'État de droit.

Cette dernière vague de purges touche tout particulièrement les milieux prokurdes : la plupart des médias fermés par les nouveaux décrets sont basés dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie. C'est ainsi le cas de l'agence de presse DIHA et du quotidien Ozgür Gündem, accusés par les autorités d'être proches du PKK, une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

La pluralité des médias en question ?

Réagissant à la fermeture de ces organes de presse qui menace, selon lui, la pluralité des médias, le chef de file du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), Selahattin Demirtas, a déclaré dimanche : "Bientôt, toutes les chaînes de télévision feront des retransmissions en direct dès qu'Erdogan se mettra à tousser".

La suppression des élections des recteurs des universités, une décision particulièrement critiquée par l'opposition, vise à "limiter l'influence des gülenistes (les partisans supposés de Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux Etats-Unis qu’Ankara accuse d'avoir ourdi le coup d'Etat raté, ce que l'intéressé dément, NDLR) dans les universités turques, influence qu'ils ont gagnée par le chantage, les menaces et les pressions sur leurs collègues universitaires", a assuré dimanche un responsable gouvernemental sous couvert de l'anonymat.

Quelques heures avant la publication de ces décrets, le président Erdogan avait affirmé que le rétablissement de la peine de mort, évoqué depuis le putsch manqué, serait soumis au Parlement. Le chef de l'Etat n'a pas donné de calendrier à ce sujet.

Avec AFP et Reuters

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