Accéder au contenu principal

Venezuela : le dialogue reste fragile entre le pouvoir et l'opposition, Maduro libère cinq opposants

Le président Nicolas Maduro et l'opposition ont convenues de se retrouver le 11 novembre.
Le président Nicolas Maduro et l'opposition ont convenues de se retrouver le 11 novembre. Venezuelan Presidency, AFP

Après quasiment un an de grave crise politique, la reprise du dialogue entre le président Nicolas Maduro et l'opposition reste précaire, malgré la libération, lundi, de cinq opposants par le pouvoir.

Publicité

Cinq opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro ont été libérés lundi soir, au lendemain de l'amorce d'un dialogue entre le pouvoir et l’opposition pour résoudre la crise politique qui secoue le pays depuis quasiment un an.

Carlos Ocariz, une figure de l'opposition, a d'abord annoncé sur Twitter la libération de Carlos Melo, Andres Moreno et Marco Trejo. Carlos Melo avait été arrêté le 31 août par des agents des services de renseignement qui l'accusaient d'être en possession d'explosifs.

Andres Moreno et Marco Trejo étaient en détention depuis septembre en raison d'une vidéo qu'ils avaient produite pour un parti d'opposition et qui appelait l'armée à réfléchir à la crise qui touche le pays, un geste considéré comme un appel à la sédition par les autorités.

Un peu plus tard, Jesus Torrealba, haut responsable de la Table pour l'unité démocratique (MUD), qui regroupe l'opposition de centre droit, a fait part de la libération de deux autres opposants, Coromoto Rodriguez et Andres Leon, détenus depuis 2014.

La libération des "prisonniers politiques" est l'une des exigences de l'opposition de centre droit regroupée autour de la MUD pour que le dialogue ouvert dimanche avec le pouvoir, sous les auspices du Vatican et de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), puisse aller de l'avant. À en croire l'opposition, le Venezuela compterait plus d'une centaine de "prisonniers politiques".

L’opposition étale ses divisions

Un peu plus tôt lundi, au terme d’une réunion préparatoire, le président vénézuélien et les dirigeants de l'opposition avaient convenu de se retrouver le 11 novembre, pour poursuivre les discussions. Toujours est-il que cette prise de contact reste fragile, tant la méfiance règne.

Il s'agit du premier dialogue politique ouvert au Venezuela depuis la victoire de l'opposition de centre droit aux législatives de fin 2015, qui a mis fin à 17 ans d'hégémonie du camp de l'ex-président Hugo Chavez (1999-2013) au Parlement.

L'aile dure de l'opposition a de son côté rejeté ces discussions et semble miser davantage sur la rue pour faire partir le président Nicolas Maduro qu’elle rêve de déposer. L'une des principales composantes de l'opposition, Voluntad Popular, le parti de la figure de l'antichavisme emprisonnée Leopoldo Lopez, s'est désolidarisée des pourparlers, de même que 14 autres formations.

"Notre grande crainte est que ce dialogue ne serve qu'à permettre au gouvernement de reprendre sa respiration", a déclaré Freddy Guevara, l'un des responsables de Voluntad Popular, qui veut intensifier les manifestations.

Certains analystes, à l'instar du politologue Francisco Coello, soulignent que le gouvernement pourrait chercher à jouer la montre et à diviser les antichavistes. "Nous avons un gouvernement qui veut gagner du temps, pour voir s'il arrive à calmer la rue", a-t-il déclaré à des médias.

Lundi, le sous-secrétaire d'État américain Thomas Shannon, qui s'est rendu à Caracas pour exprimer son soutien à ce dialogue, s’est dit "encouragé", selon le président Nicolas Maduro.

L’appel à une "marche pacifique" maintenu

Alors que le pays est miné par une grave crise économique, Nicolas Maduro affiche un taux d'impopularité de 76,4 %. Près de 70 % des Vénézuéliens sont favorables à la révocation de son mandat, qui court jusqu'en janvier 2019, selon l'institut de sondage Venebarometro.

Dans le texte de l'accord annoncé lundi on peut lire : "gouvernement et opposition se sont engagés à réduire le ton agressif du débat politique afin de préserver un climat de paix et d'entente".

Mais, sur le fond, l'opposition ne semble pas désarmer pour autant, puisqu’elle a maintenu son appel à une "marche pacifique" jeudi vers le palais présidentiel de Miraflores. Un lieu hautement symbolique : le 11 avril 2002, une manifestation avait tourné au coup d'État et le président Hugo Chavez en avait été délogé pendant trois jours.

Jeudi également, le Parlement devrait valider la procédure déclenchée contre Nicolas Maduro pour "manquements" aux devoirs découlant de sa fonction. Lundi soir, le président a cependant affirmé avoir "l'assurance absolue" que cette procédure appartient désormais au "passé".

Par ces initiatives, l'opposition entend riposter au gel par le Conseil national électoral (CNE) du processus destiné à organiser un référendum en vue de révoquer le président.

Avec AFP et Reuters

 

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.