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Turquie : le principal parti pro-kurde boycotte le Parlement, après l'arrestation de neuf députés

Selahattin Demirtas (g) et Figen Yuksekdag (d), les dirigeants de la principale formation pro-kurde de Turquie, placés en détention.
Selahattin Demirtas (g) et Figen Yuksekdag (d), les dirigeants de la principale formation pro-kurde de Turquie, placés en détention. AFP (archives)

Le HDP, principal parti pro-kurde de Turquie, a annoncé, dimanche, qu'il ne participerait plus aux séances du Parlement, pour protester contre l'arrestation de neuf de ses députés dont ses deux coprésidents, Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag.

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Le Parti démocratique des peuples (HDP), principal parti pro-kurde de Turquie, a annoncé, dimanche 6 novembre, qu'il cessait toute activité au Parlement, après l'arrestation de neuf de ses députés dont ses deux coprésidents Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag.

Cette décision du troisième parti du pays, qui compte 59 députés sur 550 élus, signifie que ceux-ci ne participeront plus ni aux séances du Parlement, ni au travail des commissions, a précisé le HDP dans un communiqué.

"Notre groupe parlementaire et les dirigeants de notre parti ont pris la décision de cesser tout travail dans les organes législatifs après cette attaque totale", a-t-il annoncé.

>> À lire : L’irrésistible ascension du Kurde Selahattin Demirtas, cauchemar d’Erdogan

"À la suite de discussions entre notre groupe parlementaire et notre direction, nous avons décidé de stopper nos contributions législatives à la lumière de tout ce qui s'est passé", a précisé le porte-parole du parti, Ayhan Bilgen, dans une déclaration devant le siège du HDP à Diyarbakir retransmise sur Internet.

Contacté par Reuters, Ayhan Bilgen, a cependant précisé que le HDP ne se retirait pas du Parlement et que ses députés resteraient en fonction, mais qu'ils limiteraient leur travail.

Vive réaction des Occidentaux

Arrêtés dans la nuit de jeudi à vendredi, les neuf députés, dont les deux coprésidents du HDP, ont été placés officiellement en détention préventive en attendant leur procès. Ils sont accusés par le pouvoir turc d'appartenir ou d'être liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le HDP a toujours nié farouchement être une vitrine politique pour le PKK, qui mène depuis trois décennies une lutte armée contre Ankara pour demander plus de droits et d'autonomie pour les Kurdes.

Ce vaste coup de filet à l'encontre du principal parti kurde survient après des semaines d'arrestations et de fermetures d'institutions dans les milieux kurdes et pro-kurdes, à la suite du coup d'État avorté de l'été.

Les Occidentaux ont vivement réagi à ce nouveau tour de vis et dit leur inquiétude face à une évolution qui "fragilise la démocratie en Turquie", selon un communiqué de l'Union européenne (UE).

En retour, dimanche, le ministère des Affaires étrangères turc a annoncé que le chef de la diplomatie Omer Celik, avait convoqué l'ensemble des ambassadeurs des pays de l'UE à une réunion lundi matin pour leur faire part "des derniers développements dans le pays".

Les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), un groupe radical proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a revendiqué l'attaque à la voiture piégée de Diyarbakir, survenu dans la nuit de jeudi à vendredi qui a fait 11 morts.

Cet attentat avait dans un premier temps été attribué au PKK par le Premier ministre turc Binali Yildirim.

Puis il a ensuite été revendiqué par l'EI, par l'intermédiaire de l'agence Amaq, organe de propagande du groupe jihadiste, selon le centre de surveillance des mouvements jihadistes SITE.

Le TAK a revendiqué trois attentats cette année : un attentat suicide à Ankara en février, une attaque dans la capitale le 13 mars et un attentat à la voiture piégée le 7 juin à Istanbul.

(AFP)

Avec AFP et Reuters

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