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Comment la Chine a fait de l’Europe de l’Est son nouvel eldorado

La création du fonds d'investissement a été annoncé par le Premier ministre Li Keqiang lors de sa visite à Riga en Lettonie.
La création du fonds d'investissement a été annoncé par le Premier ministre Li Keqiang lors de sa visite à Riga en Lettonie. Ilmars Znotins, AFP

Pékin a lancé un fonds d’investissement doté de 11 milliards de dollars, destiné à l'Europe centrale et de l'Est. Une initiative majeure pour une région qui devient de plus en plus un pré-carré économique chinois.

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La Chine s’apprête à investir au moins onze milliards de dollars en Europe de l’Est et centrale dans les années à venir. Pékin a annoncé, dimanche 6 novembre, le lancement d’un fonds d’investissement piloté par la Banque industrielle et commerciale de Chine (BICC), qui espère pouvoir lever 50 milliards de dollars en tout pour mener à bien son offensive économique

Les heureux bénéficiaires seront en priorité dans des projets d’infrastructure, d’industrie high-tech et de biens de consommation.

Sans concurrence ou presque

Ce nouveau fonds d’investissement peut faire pâle figure par rapport aux centaines de milliards de dollars que Pékin dépense en Asie du Sud-Est ou en Afrique. Mais l’Europe centrale et de l’Est n'en reste pas moins "un marché important”, explique à France 24 Jean-François Dufour, responsable du China control panel au sein du cabinet de conseil Montsalvy Consulting.

Cet expert souligne que c’est l’une des rares régions du monde où la Chine peut faire ses emplettes sans concurrence ou presque. Les États-Unis cherchent à contester l’influence chinoise en Asie et l’Afrique est le théâtre d’une concurrence féroce entre toutes les grandes puissances du monde.

En Europe de l’Ouest, chaque investissement chinois est passé à la loupe, comme l’a démontré la participation chinoise au projet de nouvelle centrale nucléaire au Royaume-Uni. À l’Est, Pékin peut facilement “se poser comme source de financement alternative à Bruxelles, à court d’argent depuis la crise de la zone euro, et à la Russie, qui n’a pas non plus les moyens et cherche, en outre, à ne pas contrarier la Chine dans l’espoir d’une alliance stratégique”, résume Jean-François Dufour.

Onze milliards de dollars investis en Allemagne

L’ex-empire du Milieu a trouvé un nouvel eldorado économique, qui s’étend de Munich à la frontière russo-polonaise, dont il est rarement question. Le géant asiatique s’y “intéresse depuis plusieurs années et a déjà investi aussi bien dans le réseau ferroviaire hongrois, qu’en rachetant une société de fabrication de tracteurs en Pologne ou encore en Roumanie [investissement dans l’élevage de bœufs]”, rappelle l’économiste français. Pékin attend en retour que ces pays choisissent des entreprises chinoises pour réaliser les infrastructures ou projets ainsi financés.

L’exemple allemand est le plus symptomatique de cette montée en puissance chinoise dans la région. En 2016, les investissements en provenance de Pékin y ont atteint la somme record de 11 milliards de dollars.

Cette boulimie pour les entreprises germaniques semble d’ailleurs avoir fini par en irriter certains à Berlin. Depuis mi-octobre, les autorités allemandes ont bloqué deux projets de rachats pour un montant total de plus de 700 millions d’euros. Le quotidien économique allemand Handelsblatt y voit une volonté de calmer les ardeurs chinoises et souligner “que tout n’est pas à vendre”.

“Pour autant, cela n’est pas le signe d’un début de renversement de tendance en Europe centrale, car ces pays ont trop besoin de financements”, assure Jean-François Dufour. La Chine va donc pouvoir encore longtemps exploiter cette nouvelle route de la soie, version 21e siècle.

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