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Pédophilie : à Lourdes, les évêques demandent pardon pour leur '"silence coupable'"

Les évêques de France réunis à Lourdes pour leur grande assemblée annuelle d'automne, le 4 novembre 2016.
Les évêques de France réunis à Lourdes pour leur grande assemblée annuelle d'automne, le 4 novembre 2016. Laurent Dard, AFP

Après des mois de scandales face aux abus sexuels dans l’Église catholique, les évêques de France, réunis à Lourdes, demandent pardon lundi pour leur "silence souvent coupable".

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Messe, vêpres et jeûne pour les victimes de pédophilie : les 115 évêques de France, réunis à Lourdes pour leur grande assemblée annuelle d'automne, demandent pardon ce lundi 7 novembre pour leur "silence souvent coupable".

Le principe de ce "temps de prière et de pénitence" avait été annoncé en septembre par le Vatican, à l'initiative du pape François, qui a laissé à chaque conférence épiscopale le choix de la date et des modalités. Les évêques en activité présents à Lourdes en profitent pour vivre cette initiative collective inédite, marquée par un jeûne.

Cette journée revêt une dimension particulière en France, dont l'glise est touchée depuis plusieurs mois par des révélations en chaîne d'affaires de pédophilie ou d'abus sexuels impliquant des prêtres.

L'emblématique affaire du père Bernard Preynat, prêtre lyonnais soupçonné d'avoir abusé de près de 70 jeunes scouts, a fortement terni l'image du cardinal Philippe Barbarin, même si l'enquête pour non-dénonciation visant le primat des Gaules a été classée sans suite. L'onde de choc s'est propagée dans les diocèses de France, d'autant que d'autres cas ont été signalés ou ont resurgi à Paris, Montauban, Toulouse, Clermont-Ferrand, Orléans, Bayonne, en Guyane...

"Potentiellement une bonne chose, si… "

L'Église a été pressée de réagir, jusque dans les rangs de ses fidèles les plus engagés, habités par l'"humiliation" et la "honte", selon les mots de la journaliste Isabelle de Gaulmyn, qui a consacré un livre à l'affaire Preynat.

La Conférence des évêques de France (CEF) a annoncé mi-avril une série de mesures, dont une boîte mail dédiée au recueil de la parole des victimes. Une centaine de courriels ont été reçus en six mois pour des abus sexuels souvent antérieurs à 1970.

L'homélie de la messe de lundi sera dite par Mgr Luc Crepy, responsable de la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie (CPLP), une instance aux moyens renforcés depuis le printemps dernier. En fin d'après-midi, l'évêque du Puy-en-Velay fera un point d'étape sur les mesures engagées ces derniers mois, avec notamment la mise en œuvre de dispositifs d'accueil et d'écoute des victimes couvrant désormais tout le territoire français. En fin d'après-midi, les vêpres seront "solennisées" pour l'occasion. "Une parole de victime qui dit sa souffrance, sa douleur, son ressentiment" y sera entendue par les évêques, à huis clos, a précisé à l'AFP Mgr Crepy.

L'association La Parole libérée, à l'origine de l'affaire lyonnaise, reste perplexe. "Le temps de prière de lundi, les cellules d'écoute sont potentiellement une bonne chose, mais s'il n'y pas de volonté de l'Eglise derrière, c'est insuffisant", estime son président, François Devaux.

Avec AFP
 

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