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Clinton gagne le vote populaire : le débat sur le modèle électoral relancé

Des électeurs font la queue pour aller voter à Arcadia, en Californie, le 8 novembre 2016.
Des électeurs font la queue pour aller voter à Arcadia, en Californie, le 8 novembre 2016. Ringo Chiu, AFP

Si les résultats se confirment, Hillary Clinton pourrait avoir engrangé plus de voix au total que Donald Trump, qui a pourtant été élu président des États-Unis grâce au système des grands électeurs. Est-il temps pour un changement de modèle ?

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Un scénario à la Al Gore. Les chiffres ne sont pas encore définitifs, mais Donald Trump risque bien d’avoir été élu président des États-Unis tout en ayant récolté moins de votes qu'Hillary Clinton. De quoi relancer les appels à réformer le système électoral américain.

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Mercredi après-midi, la démocrate recueillait environ 200 000 voix de plus que le milliardaire populiste, à 59 689 819 contre 59 489 637. Une goutte d'eau à l'échelle des quelque 120 millions de bulletins glissés dans les urnes, mais qui lui permettait toutefois de s'enorgueillir d'avoir été davantage plébiscitée par les Américains.

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Au suffrage direct, Hillary Clinton aurait donc été élue à la Maison Blanche (47,7 % contre 47,5 %). Mais aux États-Unis, ce sont les grands électeurs glanés État par État qui fournissent la victoire finale. Et à ce compte là, Donald Trump a écrasé la course : 290 contre 228. Il en fallait 270, soit la majorité des 538 en jeu, pour accéder au Bureau ovale.

Pour Robert Schapiro, professeur de sciences politiques à l'université Columbia de New York, de nombreuses voix devraient s'élever pour demander une réforme de ce système électoral abscons. "Il pourrait y avoir des revendications, mais elles vont finir par disparaître", prédit-il à l'AFP, soulignant qu'une refonte du collège électoral demanderait de modifier la sacro-sainte Constitution américaine, une tâche délicate. "Cela questionne à quel point notre système est démocratique", reconnaît-il toutefois.

Changer la Constitution

Car avant cette victoire de Donald Trump, un autre républicain, George W. Bush, s'était imposé en 2000 face à Al Gore tout en échouant à remporter une majorité de votes : 48,4% pour le démocrate, 47,9 % pour l'ex-président américain. Ce scénario pourrait même devenir la norme, estime Robert Schapiro. Si la règle du "une personne=une voix" est un pilier de la démocratie, poursuit-il, le suffrage indirect modifie la donne.

Dans chacun des 50 États ainsi que dans la capitale Washington, les votes se traduisent en grands électeurs, dont le nombre varie en fonction de la population. Emporter par exemple la Californie, État le plus peuplé, assure 55 grands électeurs au vainqueur, quand bien même la victoire se serait jouée dans un mouchoir de poche.

En l'état actuel des choses et sans passer par un changement de la Constitution, les États pourraient adopter à leur niveau des lois pour attribuer leurs grands électeurs au candidat ayant obtenu le plus de suffrages au niveau national. Ce genre d'initiative n'a pour l'instant rien donné.

Avec AFP

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