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Dans le quartier de New York où il a grandi, Donald Trump n’a pas la cote

La partie cossue du quartier Jamaica Estates, à New York.
La partie cossue du quartier Jamaica Estates, à New York. Charlotte Oberti, France 24

À Jamaica Estates, dans le Queens, à New York, où a grandi Donald Trump, la population ne chérit pas vraiment le souvenir du nouveau président élu, avec lequel elle ne partage rien. Reportage.

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Dans l'arrondissement de Queens, un quartier cossu abrite de belles et grandes demeures avec leurs pelouses impeccables, bordées par des allées d’arbres aux couleurs d’automne. Dans les rues calmes, les voitures garées sont, pour certaines, bâchées et des jardiniers s’affairent à ramasser les feuilles mortes. C’est dans ce havre de paix de l'est de New York qu’a grandi Donald Trump, aujourd'hui âgé de 70 ans.

Ces résidences constituent une enclave aisée à Jamaica Estates. Pas une âme ne s’y promène, mercredi 9 novembre, au lendemain de l’élection de l’enfant du Queens à la tête des États-Unis.

En s’éloignant à peine, vers le sud, le décor change. Les maisons se font plus modestes et les voitures, moins clinquantes. Ici, la population est d’origine ethnique très diverse, suite à des vagues d’immigration, en provenance principalement d’Asie, dans les années 1970 et 1980.

La famille Trump a d'abord vécu dans cette maison, située au 85-15 Wareham Place à Jamaica Estates, avant de déménager non loin dans une demeure plus vaste qu'elle a fait construire. Charlotte Oberti, France 24

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Le magnat de l'immobilier a d'ailleurs, plusieurs fois, mentionné ses origines dans le Queens, se présentant comme un homme du peuple. "Lorsque Donald Trump vivait ici [il y a plus d'un demi-siècle, NDLR], il y avait un très grand fossé entre sa situation économique et celle du reste de la population", indique Michael Richardson, un journaliste afro-américain de 24 ans, qui vit dans cette partie moins chic de Jamaica Estates depuis deux mois. Le jeune homme ne cache pas sa déception suite à la victoire du candidat républicain. "Il a gagné grâce aux votes des Blancs dans les milieux ruraux. Ils étaient plus nombreux à voter que nous", regrette-t-il
.

Un melting pot démocrate marqué par le clan Trump

"J’habite à côté de la maison de Donald Trump", lance Lilly, d’un air renfrogné, sans donner plus de précisions. Âgée de 70 ans, elle a emménagé il y a 20 ans, alors que le Donald n’y était déjà plus. Elle aussi estime que les électeurs de celui qui aurait pu être son voisin ne se trouvent pas parmi les habitants du coin. Le Comté de Queens a d’ailleurs voté à 75 % pour la candidate démocrate. "Ce sont les Blancs qui ont voté pour lui. Je suis très en colère. Ces gens-là ne se rendent pas compte de ce qu’ils ont fait. Maintenant, il faut que l’on s’y fasse", affirme cette retraitée, autrefois employée comme technicienne de laboratoire dans un hôpital.

Lilly, 70 ans : "Ce sont les Blancs qui ont voté pour lui. Je suis très en colère." Charlotte Oberti, France 24

Bien qu'ayant quitté les lieux depuis plusieurs décennies, le clan Trump a laissé une empreinte visible dans les environs. Fred Trump, le père, qui a fait fortune dans l’immobilier dans les années 1930, a en effet construit des habitations pour familles de classe moyenne à Jamaica Estates. Il a également aidé à la construction du Pavillon Trump dans le centre hospitalier de Jamaica. À deux pâtés de maison de là se dresse également l’imposant lycée Jamaica High School, où son fils Donald a fait une partie de sa scolarité.

Mais au-delà de ce paysage urbain, les liens entre l’homme qui mène désormais une vie de luxe à Manhattan et cette communauté sont inexistants.

"Donald Trump a exclu les habitants de ce quartier"

En poursuivant vers le sud, nous arrivons sur Hillside Avenue, grosse artère commerçante signifiant la fin de Jamaica Estates. Ici, à seulement quelques pas de là où le nouveau président des États-Unis a passé sa jeunesse, le bruit du trafic ainsi que la succession de boucheries halal et d'épiceries bon marché contrastent avec le silence et les allées de chênes traversées dix minutes plus tôt.

Comme pour accentuer ce contraste, Bharat Patar, un épicier, a installé la veille une pancarte à l’extérieur de son magasin sur laquelle il a inscrit sa "liste des choses à avoir sous la main pendant les résultats de l’élection" : "un pack de bières, et un billet pour le Canada."

"J’ai beaucoup de clients qui se souviennent que Donald Trump a vécu ici", affirme le commerçant, un Américain qui a quitté l’Inde en 1996. "Moi, je ne suis pas là depuis assez longtemps. Je ne l’ai jamais vu. Je le vois à la télévision, c’est tout", 

ajoute-t-il. Il refusera de faire tout autre commentaire sur le personnage.

Avi Sarkler, 32 ans : "Durant sa campagne, Donald Trump a constamment mis à l’écart les immigrants, les afro-américains, les musulmans." Charlotte Oberti, France 24

Pour Avi Sarkler, un ingénieur en informatique, l'animosité des habitants envers l'ancienne star de la téléréalité n'a rien d'étonnant. "Durant sa campagne, Donald Trump a constamment mis à l’écart les immigrants, les musulmans, les Afro-américains. Or, ici, la communauté est constituée de toutes ces personnes", assène-t-il.

Cet homme de 32 ans a entendu dire que le businessman avait habité une maison du quartier, qu’il décrit comme "pas très joli". "Mais je ne sais pas du tout où elle se trouve", avoue-t-il, sans curiosité.

 

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