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Burundi : "Le seul film dont il faut empêcher la sortie"

Un homme pousse un cerceuil sur son vélo dans les rue de la capitale burundaise Bujumbura en janvier 2016.
Un homme pousse un cerceuil sur son vélo dans les rue de la capitale burundaise Bujumbura en janvier 2016. Griff Tapper, AFP

La Fédération internationale des Droits de l’homme (FIDH) a dévoilé mardi 15 novembre une campagne choc pour sensibiliser la communauté internationale et l’opinion publique à la situation au Burundi.

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Remettre le Burundi dans les radars de la communauté internationale et sensibiliser l’opinion publique à la tragédie en cours. Tel est le but de la campagne de communication choc dévoilée mardi 15 novembre par la Fédération internationale des Droits de l’homme (FIDH).

Cette campagne prend la forme d’une vraie-fausse bande-annonce de film qui dure moins d’une minute et reprend tous les codes des blockbusters américains. Intitulée "Génocide au Burundi", elle se termine par la mention : "le seul film dont il faut empêcher la sortie." "Cette approche peut paraître provocatrice mais elle vise à réveiller les consciences sur la situation dans ce pays oublié, ignoré", explique Florent Geel, spécialiste de l’Afrique au sein de la FIDH, interwiewé par France 24. "Nous ne sommes pas alarmistes pour rien, tous les indices d’une dérive génocidaire sont là".

Cette campagne de communication accompagne la sortie d’un rapport sur la situation au Burundi. Le gouvernement burundais a fermement rejeté les accusations contenues dans la bande-annonce et le rapport "qui frise le ridicule" par la voix de son porte-parole, Willy Nyamitwe. "Oui, je le répète, on ne joue pas avec le #Burundi. Les tenants de la rhétorique #GENOCIDE perdront face à la cohésion du peuple burundais", a-t-il tweeté.


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France 24 : Quelle est la situation aujourd’hui au Burundi ?

Florent Geel : "Un an et demi après le début des grandes manifestations populaires contre un nouveau mandat de Pierre Nkurunziza, nous constatons des commissions de crimes contre l’humanité, des attaques systématiques et généralisées contre les civils, des détentions massives et arbitraires. Nous estimons le nombre de détenus politiques à 800 et c’est une estimation basse. (…) Depuis le début du conflit, on estime à un millier le nombre de morts principalement exécutés ou décédés lors des manifestations contre Pierre Nkurunziza. Une estimation basse, encore une fois."

Comment voyez-vous l’avenir de ce pays ?

"Dans l’immédiat, on ne voit qu’un avenir sombre au Burundi. Depuis la tentative de coup d’état le 13 mai 2015, il y a une stratégie d’ethnicisation de la crise par le pouvoir. L’opposition hutue dérange, les autorités sont donc tentées de rendre cette crise la plus ethnique possible dans le but d’obliger les Hutus à choisir et soutenir leur camp. Depuis un mois, les autorités burundaises se radicalisent. Elles ont annoncé leur sortie de la Cour pénale internationale (CPI), elles commencent à établir des listes ethniques  –et quand on fait des listes c’est pour s’en servir. 310 000 personnes ont déjà fui le pays. "


Comment sortir de cette crise ?

"La base de ce conflit est politique, donc ce conflit se réglera de manière politique même si le pouvoir veut le rendre ethnique afin de polariser la situation. Cela passera par des négociations et un accord de paix. Il faut contraindre le gouvernement à négocier en mettant en place un embargo sur les armes et des mesures ciblées. Il faut les asphyxier. Par ailleurs, au regard des crimes commis, il est impératif de protéger les civils grâce à l’envoi de casques bleus ou d’une autre force de protection. Enfin, la CPI doit ouvrir une enquête formelle. Depuis le retrait du Burundi, elle a un an pour le faire. "

>> À lire aussi sur France 24 : l'ONU redoute un "génocide" et de possibles "crimes contre l'humanité au Burundi"

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