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Procès Simone Gbagbo : les audiences se poursuivent sans l'accusée

Box des accusés vide pour le procès de Simone Gbagbo à la Cour d'assises d'Abidjan.
Box des accusés vide pour le procès de Simone Gbagbo à la Cour d'assises d'Abidjan. Issouf Sanogo, AFP

L'ex-Première dame ivoirienne a de nouveau refusé de comparaître devant la cour d'assises d'Abidjan où elle est jugée pour crimes contre l'humanité. Le président du tribunal a toutefois décidé que les audiences se poursuivraient en son absence.

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Les audiences se poursuivront sans elle. Mercredi 16 novembre, Simone Gbagbo, l’ex-Première dame de la Côte d’Ivoire, a une nouvelle fois refusé de comparaître à son procès pour protester contre la non-comparution en tant que témoins de plusieurs personnalités que la défense estime importantes. Mais le président de la Cour d'assises d'Abidjan, le juge Boiqui Kouadjo, a estimé qu'on pouvait "passer outre" à l'absence de l’accusée pour poursuivre les débats.

D'après le récit fait par la Cour, Simone Gbagbo a refusé la sommation qui lui était faite mardi de se présenter mercredi. "Je ne veux pas vous recevoir, je ne veux même pas savoir de quoi il s'agit", a-t-elle dit à l'huissier chargé de lui transmettre sa convocation dans sa cellule, selon le document lu par le greffier du tribunal.

La loi prévoit que le président puisse forcer l'accusé à être présent manu militari ou se passer de sa présence s'il estime qu'elle n'est pas nécessaire. Suivant les recommandations du procureur et des parties civiles, le juge a donc choisi de ne pas faire usage de la force.

>> À voir sur France 24 : "Simone Gbagbo, Hissène Habré : d'un procès à l'autre, quels enseignements ?"

"C'est elle qui a décidé de ne pas comparaître. On peut très bien se passer de sa présence. Elle s'est longuement exprimée, ses avocats aussi", depuis le début du procès le 31 mai, a commenté le procureur Aly Yéo. "C'est du dilatoire. C'est une volonté de décrédibiliser" le procès parce que l'accusée est "en mauvaise posture", a-t-il conclu.

Des avocats ont été commis d'office pour représenter la défense. Ils ont jusqu’au 28 novembre, date de reprise des audiences, pour prendre connaissance du dossier.

"Ce procès n’est plus crédible"

"Si Mme Gbagbo n’assiste plus à ce procès, ce procès n’est plus crédible, estime Me Rodrigue Djaje, l’un des avocats de l’inculpée, interrogé par France 24. Je pense que la cour d’assises et le procureur général devront à un moment redevenir réaliste et permettre que la défense revienne aux assises à la condition que les acteurs des faits viennent se faire entendre. C’est la seule manière pour nous de crédibiliser la justice ivoirienne."

Parmi les témoins que la défense veut entendre l'actuel président de l'Assemblée nationale et ancien chef de la rébellion Guillaume Soro, l'ancien Premier ministre Jeannot Kouadio Ahoussou, l'ex-ministre Charles Koffi Diby, ou encore l'ex-patron de l'armée, le général Philippe Mangou, et le directeur général de la police, Brindou M'Bia.

>> À lire sur France 24 : "Simone Gbagbo, règne et ruine d’une Première 'Dame de fer'"

Simone Gbagbo est jugée notamment pour son implication présumée dans des tirs d'obus sur le marché d'Abobo, un quartier favorable à Alassane Ouattara - le rival de son mari Laurent Gbagbo à la présidentielle de novembre 2010 -, et pour sa participation présumée à une cellule qui planifiait et organisait des attaques menées par des milices et des membres des forces armées.

Ces crimes ont été commis lors de la crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait plus de 3 000 morts en cinq mois après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle de 2010.

Simone Gbagbo purge actuellement une première peine de 20 ans pour "atteinte à la sûreté de l'État".

Avec AFP
 

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