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Facebook serait prêt à tout pour revenir en Chine, même coopérer avec la censure

Le 19 mars 2016, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, était en visite à Pékin.
Le 19 mars 2016, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, était en visite à Pékin. VCG, Getty Images

Selon le New York Times, Facebook aurait mis au point un outil permettant de censurer les informations par zone géographique. Cela pourrait lui rouvrir les portes de la Chine, où le réseau social est bloqué depuis 2009.

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Facebook ne s'en cache pas, il veut connecter la planète entière à Internet et pas "seulement" 1,79 milliard de personnes. Mais un gigantesque État lui résiste encore et toujours : la Chine et ses 1,3 milliard d'habitants qui bloque l'accès au réseau social (et ses applications) depuis 2009 sur son territoire.

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L'envie de Facebook de revenir sur ce marché n'est pas nouvelle. Son PDG, Mark Zuckerberg, a multiplié les rencontres avec Pékin et même appris le mandarin pour faciliter les échanges. Mais les révélations faites mardi 22 novembre prouvent qu'il est prêt à aller encore plus loin. Le New York Times révèle que l'entreprise a mis au point un outil capable de censurer des posts et des informations en fonction de la zone géographique d'où les contenus sont consultés.

Selon les trois employés et anciens employés qui ont témoigné sous couvert d'anonymat, l'outil n'est encore entré en service. Il ne le sera peut-être jamais mais cela démontre cependant que Facebook est prêt à tout pour revenir sur cet immense marché, y compris à censurer des contenus d'utilisateurs à la demande du gouvernement chinois. Le réseau ne ferait pas de censure lui-même, mais confierait ce logiciel à une tierce partie, certainement un partenaire en Chine. Le New York Times affirme que Mark Zuckerberg lui-même aurait encouragé la création de cet outil et serait prêt à le défendre.

La censure de l'Internet chinois empêche l'accès depuis des années aux grands sites américains tels que Google, Facebook, YouTube, Facebook... ou encore le New York Times. Ce système de blocage est surnommé le "Grand Firewall" par analogie avec la Grande Muraille de Chine – "Wall" signifiant "muraille" en anglais. Pour le moment, la seule activité commerciale de Facebook en Chine se résume à la vente d'encarts publicitaires aux entreprises chinoises.

Facebook dément mais ne nie pas l'existence de l'outil

Interrogé sur ce projet de logiciel de censure, Facebook a démenti en bloc. "Nous exprimons depuis longtemps notre intérêt pour la Chine et passons du temps à comprendre et en apprendre davantage sur ce pays", a expliqué l'entreprise dans un communiqué transmis à Mashable, dont des extraits sont également cités par le New York Times. "Cependant, nous n'avons pris aucune décision sur notre approche avec la Chine. Pour le moment, nous préférons nous focaliser sur l'aide aux entreprises et aux développeurs chinois qui souhaitent s'implanter en dehors de leur pays." Remarquez bien qu'à aucun moment, il nie l'existence de l'outil.

Un communiqué qui reprend quasiment mot pour mot les éléments de langage qu'avait utilisé Sheryl Sandberg, la directrice des opérations de l'entreprise américaine, lors de l'assemblée annuelle des actionnaires de Facebook en juin dernier : "Nous apprenons, nous étudions le marché chinois et nous verrons ce qui se passe", avait-elle déclaré à l'époque.

Le régime chinois est un fervent partisan de la stricte régulation de l'Internet. La semaine dernière encore, le président Xi Jiping appelait encore à davantage de contrôle suite à la mise en cause des réseaux sociaux dans la diffusion de fausses nouvelles durant l'élection américaine.

Le contrôle chinois passe majoritairement par les entreprises elles-mêmes. Weibo (le Twitter local) et Wechat (équivalent de WhatsApp) emploient d'eux-mêmes une véritable armée de censeurs qui mâchent le travail à ceux du gouvernement. Est-ce la prochaine étape pour Facebook, de créer une structure pour censurer sa plateforme ?

– Retrouvez l'article de Kerry Flynn sur Mashable.

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