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Violences faites aux femmes : le gouvernement présente un nouveau plan de lutte

La ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, mardi 22 novembre 2016, à l'Assemblée nationale.
La ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, mardi 22 novembre 2016, à l'Assemblée nationale. Lionel Bonaventure, AFP

La ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a présenté, mercredi, en Conseil des ministres le 5e plan interministériel "de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes".

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Mieux repérer les violences, mettre les victimes à l'abri... Le gouvernement français veut renforcer les moyens mis en œuvre dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes, qui demeurent "massives".

Ce 5e plan interministériel "de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes" (2017-2019) a été présenté par la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol, mercredi 23 novembre, en Conseil des ministres.

Il renforcera les dispositifs existants (hébergement d'urgence des victimes, formation des professionnels ...) et portera une attention particulière aux enfants témoins de violences familiales, aux jeunes femmes (victimes de cyber-sexisme notamment) et à celles vivant en milieu rural.

>> À voir : Mobilisation contre les violences faites aux femmes

Le gouvernement estime que des "progrès considérables" ont été réalisés. "Les violences faites aux femmes sont désormais mieux connues et davantage dénoncées. La tolérance sociale diminue".

Néanmoins, les violences demeurent "massives" et il faut donc redoubler d'efforts : alors que le budget du 4e plan (2014-2016) était passé à 66 millions d'euros sur trois ans, selon les engagements du gouvernement, celui-ci sera doté de 125 à 140 millions d'euros pour une centaine de mesures, selon les premiers éléments consultés par l'AFP.

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Ceci correspond aux demandes du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE), qui a jugé le bilan du précédent plan "globalement satisfaisant", mais a préconisé un effort financier de 100 millions d'euros. Le coût des seules violences au sein du couple a été estimé à 3,6 milliards d'euros pour l'année 2012, rappelle le HCE.

En France, une femme meurt tous les trois jours à cause de violences

Chaque année, 223 000 femmes sont victimes de violences conjugales, et 84 000 sont victimes de viol ou tentative de viol mais "trop peu d'entre elles déposent plainte", souligne le ministère des Droits des femmes. En 2015, 122 femmes sont décédées, victimes de leurs conjoints, compagnons ou "ex", soit une tous les trois jours.

Selon le ministère, 1 550 nouvelles places d'hébergement dédiées aux femmes victimes ont été créées depuis 2014, soit 94 % de l'objectif fixé pour 2017 (1 650 nouvelles places).

>> À voir : La Maison des femmes, un lieu unique pour les femmes en détresse

Dans le nouveau plan, 350 nouvelles places doivent être créées pour arriver à 2 000, dont 100 spécialisées dans la prise en charge des 18-25 ans. Les dispositifs de protection (éviction du conjoint violent, ordonnances de protection) seront "davantage et mieux mobilisés".

En outre, 530 "téléphones grand danger" (avec une touche préprogrammée pour alerter les forces de l'ordre) ont été distribués et plus de 300 000 professionnels (médecins, policiers, sapeurs-pompiers, travailleurs sociaux...) formés. Le 3919, ligne d'appel national pour femmes victimes de violences, reçoit 50 000 appels par an en moyenne.

Des "bons taxis" expérimentés dans 25 départements

Tous ces dispositifs vont être "consolidés", et le dispositif d'intervenants sociaux dans les commissariats et gendarmeries sera renforcé. Selon le bilan du HCE, 13 départements en restaient dépourvus fin 2015.

Alors que 143 000 enfants vivent dans un foyer où une femme a déclaré être victime de violences, la prise en charge des femmes victimes et des enfants "doit être mieux articulée".

Dans les cas de séparation du couple, la médiation familiale sera par exemple proscrite pour fixer l'exercice de l'autorité parentale, pour éviter que le conjoint violent n'impose ses choix. Des "espaces de rencontres protégés" entre enfants et pères violents seront expérimentés en Seine-Saint-Denis.

Les jeunes femmes étant davantage exposées au cyber-sexisme (harcèlement en ligne, diffusion de photos à caractère intime), un guide sera publié pour les aider à connaître les voies de recours juridiques.

Pour les femmes vivant en milieu rural, où les dispositifs peuvent être moins nombreux et moins accessibles, des "bons taxis" seront notamment expérimentés dans 25 départements.

Dans la prolongation du plan d'action contre le sexisme annoncé en septembre, des campagnes seront par ailleurs menées pour déconstruire les stéréotypes, qui "constituent le terreau des violences faites aux femmes".

Avec AFP

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