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Mort de Yann Lorence : ouverture du procès de deux ultras du PSG

Une banderole déployée par les supporters du PSG, lors d'un match contre Bordeaux, le 10 avril 2010.
Une banderole déployée par les supporters du PSG, lors d'un match contre Bordeaux, le 10 avril 2010. Jacques Demarthon, AFP

Deux ultras du PSG soupçonnés d'être responsables du lynchage d'un autre supporter parisien, Yann Lorence, en 2010, comparaissent devant la cour d'assises de Paris. Le verdict du procès est attendu pour le 30 novembre.

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Alors que les ultras du PSG ont fait leur retour au Parc des Princes il y a quelques semaines, après plus de cinq ans d'absence, le retour sur le devant de la scène de l'affaire Lorence plonge le club de la capitale dans les douloureux souvenirs d'une période trouble. Lynché lors d'une rixe entre supporters rivaux en 2010, Yann Lorence avait succombé à ses blessures après deux semaines de coma.

Le procès de deux hommes, soupçonnés d'être responsables de ce drame, s'est ouvert jeudi 24 novembre. Les deux accusés, jugés jusqu'au 30 novembre devant la cour d'assises de Paris, sont poursuivis pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Une période sombre

Le 28 février 2010, PSG-OM se joue au Parc des Princes. Aux abords du stade parisien, une bagarre générale éclate. Yann Lorence, 37 ans, ne s'en relèvera pas. À cette époque, et depuis deux décennies, le club est en proie à des incidents récurrents entre supporters rivaux des tribunes Boulogne et Auteuil.

Habitué de la tribune Boulogne, une partie du Parc des Princes qui a longtemps symbolisé le hooliganisme français et où il faisait figure d'ancien, Yann Lorence s'était rangé depuis longtemps, selon l'avocat de sa famille, Paul Le Fèvre. Le soir des faits, il apparaît tranquille sur des images de vidéosurveillance, une bière à la main.

"Pas le procès d'Auteuil contre Boulogne"

Ce n'est "pas le procès d'Auteuil contre Boulogne", estime l'avocat, soulignant qu'on a laissé "pourrir" cette opposition pendant "des années" et que le drame n'est pas survenu lors d'un "fight entre hooligans". Ses clients attendent "que chacun assume ses responsabilités sans se cacher derrière le groupe".

Pendant l'enquête, plusieurs policiers présents ce soir-là ont affirmé que le principal accusé, Romain Lafon, âgé de 37 ans, s'est vanté d'avoir sauté à pieds joints sur la tête de la victime en mimant la scène. Ce qu'il nie. Selon l'un de ses avocats, Martin Méchin, il a raconté une scène qu'il a vue.

"C'est le seul élément à charge", selon Me Méchin, hormis une petite trace de sang retrouvée sur l'une de ses chaussures et dont les analyses n'ont pu déterminer à qui il appartenait. "Il sera démontré à l'audience que le dossier est absolument vide de toute charge réelle", assure-t-il.

L'un des accusés incarcéré dans une autre affaire

L'autre accusé, Jérémi Banh, est mis en cause pour des coups de pied aux jambes de la victime, qu'il a dit avoir avoué sous la pression de la police. Le principal accusé, lui, a été incarcéré il y a un an, après sa participation à des incidents en marge de la rencontre de Ligue des champions contre les Suédois de Malmö à Paris.

Le jour de ce match, le 15 septembre 2015, des supporters scandinaves avaient été attaqués sur un quai de métro par un groupe d'agresseurs dont plusieurs ont été identifiés grâce à la vidéosurveillance. C'est notamment le cas de cet homme, soupçonné d'avoir vidé une bombe lacrymogène sur les supporters visiteurs.

À l'origine du plan Leproux

La mort de Yann Lorence avait conduit à un tournant dans l'histoire du Paris Saint-Germain. Sous la pression des pouvoirs publics, sa direction avait lancé un plan pour chasser les hooligans des tribunes du Parc.

Il prévoyait une sécurité renforcée aux abords du stade mais aussi le placement aléatoire des supporters dans les virages afin d'affaiblir les groupes. De son côté, le gouvernement avait dissous par décret cinq associations de supporters des tribunes Boulogne et Auteuil.

Six ans après, les ultras ont fait leur retour au Parc des Princes le 1er octobre dernier, avec l'assentiment des autorités. Une coïncidence dans le calendrier que la famille de Yann Lorence n'a d'ailleurs que peu goûtée.

Avec AFP

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