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"Ce débat entre Juppé et Fillon a conforté mon vote"

Alain Juppé et François Fillon, le 24 novembre 2016
Alain Juppé et François Fillon, le 24 novembre 2016 Éric Feferberg, AFP

Qui, de Alain Juppé ou François Fillon, a été le plus convaincant lors du dernier débat de la primaire de la droite ? Les candidats ont-ils réussi à se distinguer ? Réponses d'électeurs interrogés par FRANCE 24.com.

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Après 120 minutes de face-à-face entre Alain Juppé et François Fillon, la plupart des électeurs sondés par France24.com restent sur leur faim. Olivier Bazin, 38 ans, évoque un duel "fade et insipide". “Chapi et chapo sont d’accord sur tout, a ironisé l'électeur strasbourgeois qui n'a pas voté lors du premier tour de la primaire de la droite, dimanche 20 novembre. Je m’attendais à davantage de confrontation pour départager les deux finalistes, a-t-il ajouté.

Laurent Hugues, cadre de 50 ans vivant à Nantes, dresse le même constat : "un débat tiède qui ne devrait pas faire bouger les lignes”, a-t-il analysé. À l'issue du premier tour, François Fillon a récolté 44,1 % des voix contre 28,5 % pour Alain Juppé. Qu'en sera-t-il dimanche prochain ? Après avoir voté Nicolas Sarkozy la semaine dernière, le Nantais a arrêté son choix : il votera François Fillon.

"Fillon, convaincu et authentique"

Tout au long du débat, Laurent Hugues a été séduit par ses propositions "concrètes" : “il veut inciter les jeunes médecins libéraux à s’installer dans les campagnes en leur donnant des primes, il veut augmenter le nombre d'heures de travail hebdomadaires chez les fonctionnaires et armer les polices municipales, énumère-t-il. Ce sont des mesures claires même si elles vont être difficiles à mettre en place.” Sur tous les sujets, le quinquagénaire a trouvé le Sarthois "convaincu et authentique alors qu’avec Alain Juppé, c'est moins naturel, plus forcé”, nuance-t-il.

Audrey Lyonnet, 22 ans, n’est pas de cet avis. “Le débat était intéressant et apaisé”, a estimé l'étudiante de Saint-Étienne qui soutient Alain Juppé. Son seul regret : “On a parlé des sujets polémiques et je pense que cela n’était pas nécessaire”, a-t-elle regretté. “J’aurais préféré que les deux candidats parlent de l’environnement, un thème essentiel à la France”.

Alain Juppé a, selon elle, fait la différence sur les suppressions de postes dans la fonction publique : “Il table sur 200 000 à 300 000 alors que son adversaire veut en supprimer jusqu’à 500 000 en misant sur des départs à la retraite mais aussi des licenciements… cela ne va pas aider à réduire le chômage”, a-t-elle tenu à souligner.

"Juppé a essayé de piéger Fillon"

“Certes, c’est un chiffre énorme, a réagi pour sa part Marjorie Sineux, 39 ans, vivant à Rueil-Malmaison. Mais je ne pense pas que François Fillon arrivera à en réduire tant. Le principal, c’est qu’il veut réformer. Il n’a pas peur de dire qu’il retravaillera les chiffres.”

Pour cette chef d’entreprise qui a voté François Fillon au premier tour, le débat a conforté son choix. "Avec sa détermination, il a remporté le débat", a-t-elle jugé. “Il veut réformer l’assurance maladie et il a raison, il faut taper un grand coup dans la fourmillière !”, a-t-elle ajouté avant de poursuivre : “il parle de simplifier les procédures de licenciement : c’est un très bon point aussi.”

Sur la forme aussi, elle est persuadée que son candidat s’est démarqué. “Alain Juppé a essayé de lui poser des questions pièges au lieu de nous parler de son programme. Il a tort ! On m’a toujours appris à ne pas dire du mal de la concurrence quand on est serein dans son travail “, a réagi la Francilienne, agacée à plusieurs reprises par le filet d’écume collé aux lèvres du candidat.

"Fillon dégage une image bien réac"

Mais qu’importe, Olivier Bazin se sent, lui, plus proche des idées d'Alain Juppé. “Il veut augmenter le temps de travail et le salaire alors que Fillon n’entend pas le réévaluer”, a noté l'Alsacien. “Sans compter que sur toutes les questions sociétales, il dégage une image bien réac quand même”.

S'il prévoit d'aller voter pour Alain Juppé "par dépit", Julie Lefèvre, 29 ans, elle, glissera dans l'urne le même bulletin "par conviction". Celle qui le suit depuis le début de sa campagne s'est réjoui, tout au long du débat, de le voir “pour la première fois s’exprimer clairement en faveur du non-cumul des mandats". “C’est une bonne chose car c’est une des priorités des Français”, estime-t-elle. Son candidat s’est aussi, selon elle, montré très explicite sur les heures supplémentaires et “les conséquences sur la paie des salariés avec la mise en place d'une compensation via les charges”.

Pour elle, aucun doute, malgré ses 16 points de retard, Alain Juppé reste “l’homme de la situation. C’est un homme qui veut rassembler la France”, a affirmé Julie Lefèvre. Persuadée que le candidat de 72 ans peut encore inverser la tendance, elle est à l'affût de la petite phrase qui pourrait faire la différence : "On ne peut pas demander à un salarié de travailler plus pour gagner moins", a lancé Alain Juppé sur la suppression des 35 heures. “Ca, c'est un bon slogan !”, s'est-elle exclamée. Elle veut encore y croire.

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