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Derniers meetings avant le 2e tour : Juppé perd la pêche, Fillon galvanise ses troupes

François Fillon lors de son dernier meeting le 25 novembre, à Paris.
François Fillon lors de son dernier meeting le 25 novembre, à Paris. Thomas Samson, AFP

Plombé par les derniers sondages, Alain Juppé n'a pas su retrouver la ferveur des grands moments de sa campagne, vendredi pour son dernier meeting à Nancy. L'enthousiasme était plutôt à Paris autour de François Fillon. Récit de ces deux soirées.

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Deux meetings, deux ambiances. Les deux finalistes de la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé et François Fillon, donnaient vendredi 25 novembre leurs derniers meetings de campagne avant le second tour dimanche. Et si l'un avait perdu sa "super pêche", l'autre continuait de surfer sur "la vague populaire" qui lui a fait gagner le premier tour..

>> À (re)lire sur France 24 : Fillon-Juppé : programme contre programme

À Nancy, la "super pêche" a disparu

Les jeunes avec Juppé avaient beau offrir du jus de pêche, vendredi soir, à l’entrée du parc des expositions de Nancy, leur candidat, lui, manquait visiblement de ressources. Au dernier jour d’une longue campagne qui l’aura vu passer du statut de grand favori à celui de finaliste n’ayant quasiment aucune chance de l’emporter, Alain Juppé, à l’image des 1 000 personnes venues l’écouter, ne semblait plus y croire.

"Comme vous tous, j’ai confiance. Oui j’ai confiance, nous allons gagner dimanche", a-t-il pourtant lancé au public pour démarrer son discours, avant de détailler ce qui différencie son programme de celui de François Fillon.

Seulement voilà, l’ambiance n’y était pas à Nancy et le Parc des expositions sonnait bien creux pour un dernier meeting de campagne. Venus écouter une dernière fois leur candidat, la plupart des spectateurs, clairement, ne se font plus d’illusion sur résultat de dimanche.

Gauthier, 72 ans, comme Alain Juppé, tente de faire bonne figure quand on l’interroge. "Bien sûr que c’est encore possible", répond-il, alors que son expression traduit plutôt de l’accablement. Il y a, chez lui, la volonté de garder espoir mais au fond, il n’y croit plus du tout. Et il ne suffit d’ailleurs que d’une ou deux relances pour lui faire admettre ce qui semble être ici le sentiment général : "La vérité, c’est que les gens pensent que c’est fini, on est très déçus", lâche-t-il, abattu.

Problème : si le public de Nancy comptait sur Alain Juppé pour lui remonter le moral et lui faire réellement croire à une "nouvelle surprise", c’est raté. À aucun moment, le maire de Bordeaux n’a su s’adresser à son auditoire avec ferveur. À aucun moment, il n’a pu réveiller un public éteint.

Ce dernier a bien rappelé ses divergences avec François Fillon sur le nombre de fonctionnaires à supprimer, sur leur temps de travail, sur les effectifs de police, sur l’assurance-maladie ou encore sur la relation avec la Russie. Il a bien mis en avant son concept de "libéralisme humaniste", l’opposant à la "vision hyper libérale" de son adversaire et affirmant qu’il ne peut y avoir de "libéralisme sans justice". Mais rien n’y a fait. Quelques "Juppé président ! Juppé président !" ont été scandés. Dix secondes peut-être. Puis plus rien. Le silence. Pire, l’ennui chez certains.

"C’est triste pour lui parce que s’il perd dimanche, c’était peut-être son dernier discours d’envergure nationale", confie l’un de ses soutiens à la fin du meeting. Un peu plus loin, un membre de l’équipe de campagne qui affiche la mine des petits jours estime que, "sur le papier, c’est mort". Décidément, il était temps que cette semaine se termine.

>> À lire sur France 24 : "Retraité, provincial et libéral : le profil-type de l'électeur à la primaire de la droite"

À Paris, Fillon, galvanisé, parle déjà de la suite

"Dimanche prochain tout commencera vraiment". François Fillon a annoncé la couleur vendredi soir, porte de Versailles, à Paris : la vraie bataille commencera, pour lui, après le second tour. C’est d’ailleurs par des termes définitifs comme "tornade" ou "raz-de-marée" que celui qui est désormais le grand favori de la primaire de la droite et du centre est longuement revenu sur "l’incroyable mobilisation" qui l’a porté en tête du premier tour de dimanche dernier. "Une vague populaire" dont il semblait encore galvanisé… à l’instar de la salle chauffée à blanc. Certains étaient venus de loin pour voir leur champion comme Monique, 45 ans, initialement plutôt séduite par Bruno Le Maire avant d’avoir "la révélation Fillon" au fil des différents débats télévisés.

Ostensiblement serein sur l’issue de la primaire, François Fillon s’est payé le luxe de ménager son "challenger" pour le scrutin de dimanche : "J’ai de l’estime pour Alain Juppé. Il n’est pas mon adversaire, c’est mon concurrent. Il n’est pas mon ennemi, mon ennemi c’est le déclin de la France", a t-il dit. Et Nicolas Sarkozy ? François Fillon a salué "l’élégance" de l’ancien président de la République qui l’avait gratifié de son soutien après avoir été lui-même éliminé.

Devant des fillonistes de la première heure, comme Gérard Larcher, des centristes, tel que Hervé Morin, et des ralliés du second tour, à l’instar de Bruno Le Maire, François Fillon a joué sans attendre la carte de l’unité et du rassemblement. "Nous sommes de la même famille politique et j’aurai besoin de tout le monde", a-t-il ainsi lancé en saluant "la dynamique qui a été enclenchée".

Ses coups, l’ancien Premier Ministre les a, avant tout, lâché contre la gauche et contre François Hollande : "Au cours de ce quinquennat, François Hollande a plus dégradé la fonction qu’il occupe qu’aucun de ses prédécesseurs", a-t-il notamment déclaré, en fustigeant "l’étoitesse de vue" du président en exercice.

Se posant en porte-flambeau d’une droite "réformatrice", "lucide" et "patriote", François Fillon s’est aussi présenté comme un rempart efficace contre le Front national qui, selon lui, aurait intérêt à avoir face à lui "une droite complexée et en miettes".

François Fillon a d’ailleurs exhorté ses partisans à ne pas se laisser intimider par ceux qui les désigne comme "des conservateurs obtus" ou "des réactionnaires" : "Ce que l’on vous reproche, c’est votre force", a-t-il asséné.

Vendredi soir, dans le public du Parc des expositions, après la traditionelle Marseillaise, des "On va gagner !" ont fusé. Et il fallait comprendre : "la présidentielle".

 

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