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Fidel Castro, un "général de Gaulle" pour les Cubains

Le leader Maximo Fidel Castro fait une entrée triomphale à Cienfuegos en janvier 1959.
Le leader Maximo Fidel Castro fait une entrée triomphale à Cienfuegos en janvier 1959. AFP

Décédé vendredi, le leader cubain reste une grande figure du XXe siècle. Pour Stéphane Witkowski, président de l'Institut des Hautes Études de l'Amérique latine, "les Cubains sont attachés à Fidel Castro comme les Français au général de Gaulle".

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Stéphane Witkowski, président de l'Institut des Hautes Études de l'Amérique latine (IHEAL), a rencontré Fidel Castro, l'ancien dirigeant cubain mort vendredi 25 novembre, à plusieurs reprises entre 1993 et 2000 avec plusieurs chefs d'entreprises français. Le chercheur revient pour France 24 sur la personnalité du Lider Maximo. 

France 24 : Fidel Castro est une figure politique controversée, suscitant autant d'admiration que de critiques. Quel regard portez-vous sur le personnage ? 

Stéphane Witkowski : C'est une très grande figure de l'histoire du XXe siècle qui disparaît. Non seulement c'était un rebelle, un révolutionnaire, un stratège qui admirait Napoléon, mais aussi un homme de communication assez exceptionnel, un homme d'État et, par certains aspects, un grand réformateur de Cuba. Il faut rappeler qu'il a réduit un grand nombre d'inégalités sociales dans son pays. 

Il avait aussi une réelle vision des rapports internationaux et se posait en précurseur sur de nombreux sujets, comme l'environnement. S'il s'était retiré de toutes ses fonctions officielles depuis quelques années [il a laissé le pouvoir à son frère Raul Castro en 2006, NDLR], celui qui se définissait comme le soldat des idées continuait de communiquer au monde entier ses réflexions. Il a d'ailleurs discuté écologie avec François Hollande, lors de sa visite à La Havane en mai 2015, pour préparer la COP21. 

L'ancien président cubain est resté en fonction pendant près de 50 ans (1959-2008). Pourquoi être resté accroché au pouvoir si longtemps ?

Quand on lui posait la question, il répondait qu'il n'aimait pas le pouvoir pour le pouvoir, qu'il n'était intéressé ni par les honneurs ni par l'argent, sinon il serait devenu avocat d'affaires, comme le souhaitait sa belle-famille. Il se considérait comme étant le seul à pouvoir tenir tête au plus important empire politique, économique et militaire de tous les temps [les États-Unis, NDLR]. Il aura résisté à onze présidents nord-américains, malgré de nombreuses tentatives de destabilisation depuis 1959. Il souhaitait aussi que son frère quitte la scène politique, ce qu'il fera en 2018. 

Quelles conséquences la mort de Fidel Castro peut-elle avoir sur l'île ? 

Concrètement, sa disparition n'implique pas de changement à court terme dans le rapprochement cubano-américain. Il faut savoir qu'il voulait que la réconciliation avec les États-Unis intervienne de son vivant. De toute façon, aujourd'hui, le processus est enclenché avec la levée de l'embargo diplomatique [l'ambassade américaine a rouvert à La Havane en juillet 2015].  

Au delà du bilan du castrisme, les Cubains sont attachés à la personnalité de Fidel. Ils sont fidélistes avant d'être communistes. Ils sont attachés à sa personne comme les Français le sont au général de Gaulle, l'homme de la Résistance et de la libération nationale. Le lien des Cubains pour Fidel Castro transcende les clivages politiques. Même si depuis quelques années, la jeunesse aspirait à des changements, elle ne se tournait pas contre sa personnalité.

 

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