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Face à une droite en ordre de bataille, la gauche incapable de désigner son candidat

François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron, à l'Élysée, le 18 février 2015.
François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron, à l'Élysée, le 18 février 2015. Stéphane de Sakutin, AFP

Alors que la droite et le centre connaîtront bientôt l’identité du candidat qui les représentera à l’élection présidentielle de 2017, la gauche apparaît plus divisée que jamais et minée par des inimitiés difficiles à surmonter.

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Les électeurs de droite et du centre votent dimanche 27 novembre pour désigner qui, d’Alain Juppé ou de François Fillon, sera leur candidat à l’élection présidentielle de 2017. Une primaire déjà qualifiée de "réussie", alors que la gauche semble au bord de l’explosion.

Les récentes déclarations du président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, appelant le Premier ministre Manuel Valls mais aussi l’ancien ministre de l’Économie Emmanuel Macron à participer à la primaire de la gauche ont porté un nouveau coup à l’éventuelle candidature de François Hollande.

Le quatrième personnage de l’État ne digère pas les propos que le président a tenus à son sujet dans le livre de confidences de Gérard Davet et Fabrice Lhomme "Un président ne devrait pas dire ça" et selon lesquels Claude Bartolone n’aurait "pas l’envergure" de devenir Premier ministre. Par ailleurs, il estime que si la gauche présente "trois ou quatre candidats au premier tour de la présidentielle, [son] élimination est inéluctable".

Ragaillardi par les déclarations du président de l’Assemblée, Manuel Valls élude à peine la question de sa candidature face au chef de l’État dans les colonnes du Journal du Dimanche. "Je prendrai ma décision en conscience", assure-t-il.

Une conscience qui tiendra très certainement compte de l’erreur de François Hollande d’avoir "créé un profond désarroi à gauche" avec ce livre. "Face au désarroi, au doute, à la déception […] je veux casser cette mécanique qui nous conduirait à la défaite", souligne le Premier ministre.

Main tendue aux frondeurs

Mais sur le chemin qui mènerait à la renaissance d’une gauche forte, Manuel Valls risque de rencontrer un certain Emmanuel Macron, lui aussi prêt à faire rimer libéralisme et socialisme. Les relations entre les deux hommes, déjà exécrables lorsqu’ils étaient tous deux au gouvernement, se sont encore dégradées depuis l’annonce officielle de l’entrée en campagne d'Emmanuel Macron le 16 novembre dernier.

Pourtant, au JDD, le Premier ministre affirme, non sans ironie, être prêt à tendre la main à l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande pour qu’il participe à la primaire : "Les primaires, c’est moderne, donc Emmanuel Macron devrait s’y inscrire !"

Pour les frondeurs socialistes, c’est plutôt l’éventualité d’une candidature de Manuel Valls qui pose problème. Martine Aubry, la maire de Lille, Christiane Taubira, l’ancienne garde des Sceaux, Anne Hidalgo, la maire de Paris, ou encore Christian Paul, le chef de file des frondeurs, s’étaient donné rendez-vous samedi à Bondy, en Seine-Saint-Denis, pour une réunion du "carrefour citoyen des gauches et de l’écologie". Martine Aubry s’en est pris au Premier ministre assurant que "ceux, y compris à gauche, qui pensent que l’identité devrait supplanter l’égalité, se trompent", rapporte le JDD.

Les communistes votent le soutien à Mélenchon

Au même moment, les militants communistes votaient avec une faible majorité en faveur d’un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle de 2017 (53,6 % contre 46,4 % en faveur d’une candidature indépendante). Un soutien de poids pour le candidat d’extrême gauche, qui pensait devoir se passer des voix des communistes, la direction du PC ayant voté initialement pour une candidature autonome, avant d'être contredite par les militants.

Jean-Luc Mélenchon a déjà annoncé qu’il ne participerait pas à la primaire de la gauche tant pour ses critiques de fond du quinquennat de François Hollande que pour le principe de la primaire qui fait qu’un électeur "ne vote pas essentiellement pour les idées de tel ou tel mais surtout d’après l’évaluation qu’il fait des chances de celui-ci de l’emporter".

Le Parti radical de gauche (PRG) a, lui aussi, joué l’indépendance samedi en investissant sa présidente Sylvia Pinel candidate à la présidentielle de 2017, sans passer par la case primaire de la gauche. L’ancienne ministre du Logement de François Hollande défend ce choix en arguant que le PRG avait déjà plusieurs fois demandé au gouvernement de "se réveiller".

"Je constate que cet appel à l'unité et au rassemblement n'a pas été entendu par nos alliés et aujourd'hui il était légitime que les militants radicaux souhaitent pouvoir faire entendre aussi ce qu'ils ont à dire aux Français dans cette élection", a-t-elle expliqué samedi.

En visite à Madagascar à l’occasion du sommet de la francophonie, François Hollande a appelé dimanche les Français à se "rassembler, quelles que soient les soient les circonstances", "les échéances" ou encore "les choix à faire". Un vœu pieux pour sa propre famille politique.

Avec AFP

 

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