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Fillon à l’Élysée, bonne ou mauvaise nouvelle pour les Européens ?

François Fillon est depuis dimanche 27 novembre le candidat de la droite pour la présidentielle de 2017.
François Fillon est depuis dimanche 27 novembre le candidat de la droite pour la présidentielle de 2017. Éric Feferberg, AFP

La victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre n’a pas échappé à la sagacité des responsables européens. Chaque gouvernement voit dans sa possible accession à l’Élysée des motifs de se réjouir… ou de s’inquiéter.

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De Berlin à Londres, les grandes capitales européennes ont globalement bien accueilli la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, remportée dimanche 27 novembre. Si certains gouvernements se sont ouvertement réjouis de sa victoire, l’homme politique français que l’on qualifie de libéral, conservateur, attaché aux valeurs chrétiennes, est aussi un motif d’inquiétudes.

Fillon, l’homme de fer français

Outre-Manche, on voit plutôt d’un bon œil ce "buveur de thé anglophile", selon The Guardian, qui a eu le bon goût d’épouser une femme originaire du pays de Galles. Outre cette qualité indiscutable, on apprécie les positions que le responsable français entretient vis-à-vis de Bruxelles : Européen convaincu mais pas trop. "François Fillon estime que l’Europe doit être un moyen d’atteindre certains buts, mais certainement pas une religion. Avec ce genre d’argument, il devrait pouvoir s’entendre avec [la Première ministre britannique] Theresa May", estime The Independant.

Mais on retient surtout de cet homme au flegme tout britannique l’héritage de Margaret Thatcher dont il se revendique. Globalement apprécié pour son réformisme économique, on craint tout de même qu’il se montre intraitable avec Londres sur la question de la renégociation des accords de libre-échange si ces derniers n’ont pas encore été étudiés d’ici là. Car il n’est pas question pour l’ancien Premier ministre français de voir les Britanniques qui ont voté le Brexit profiter des avantages de Bruxelles sans prendre leur part de responsabilité. Comme sur l’épineux dossier des migrants.

Autre point de divergence : les relations avec la Russie. François Fillon "pense qu’on se trompe en tenant la seule Russie pour responsable de ce qui se passe en Ukraine. Et qu’une coalition entre Moscou et Téhéran pourrait venir à bout de l’organisation État islamique en Syrie", explique-t-on dans les colonnes du journal The Independant. Cela voudrait-il dire que la France pourrait s’allier au président Bachar al-Assad ? Si cela est nécessaire, oui. C’est une différence avec la position britannique.”

Le Gerhard Schröder de la Sarthe

Berlin a accueilli avec un certain soulagement la perspective de voir François Fillon accéder à l’Élysée. D’abord parce qu’il apparaît comme un rempart possible au Front national et à la montée des populismes en Europe qui effraient tant les Allemands. "Tout président français qui ne serait pas Marine Le Pen serait une bonne nouvelle pour le gouvernement allemand", a noté Stefani Weiss, analyste des questions européennes à la Fondation Bertelsmann.

Au-delà de cette "qualité", celui que l’on perçoit Outre-Rhin comme un Gerhard Schröder à la française, apparaît comme un réformiste crédible qui saura baisser les dépenses de l'État et d'assouplir le marché dont le pays a besoin, pense-t-on.

Pour le reste, le candidat républicain suscite bien des méfiances. Notamment sur ses relations avec la Russie. Partisans d’une levée des sanctions européennes contre Moscou adoptées suite à l'annexion de la Crimée et fervent soutien de l'intervention russe en Syrie dans la lutte contre l’organisation État islamique, l’aspirant à la présidence française serait, s'il est élu à la présidence, en porte-à-faux avec Angela Merkel, déjà inquiète à l'idée d'un rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine.

Le Sarthois porte également un regard différent sur le rôle de Bruxelles. Il prône une Europe des États et des identités nationales, aux dépens des institutions européennes, quand le gouvernement allemand défend une vision plus fédéraliste. Enfin, François Fillon ne partage la même politique migratoire que la chancelière allemande qui souhaite répartir les migrants par quotas entre pays européens.

Une chose est sûre, "les Allemands auraient préféré Alain Juppé", souligne Barbara Kunz, chercheuse au Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa). Son profil plus modéré, résume un cadre du CDU sous couvert de l'anonymat, aurait été "plus Merkelo-compatible".

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