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Primaire de la droite : François Fillon, le choix de la clarté

François Fillon, dimanche 27 novembre 2016 à la Maison de la chimie à Paris, après son discours de victoire à la primaire de la droite et du centre.
François Fillon, dimanche 27 novembre 2016 à la Maison de la chimie à Paris, après son discours de victoire à la primaire de la droite et du centre. Éric Feferberg, AFP

En votant largement pour François Fillon, dimanche, les électeurs de la droite et du centre ont fait le choix d’un candidat clairement à droite, à la fois libéral et conservateur, évitant ainsi toute ambiguïté.

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La surprise espérée par Alain Juppé n’aura finalement pas eu lieu. Alors qu’une partie du vote en faveur de François Fillon au premier tour avait été attribuée au rejet de Nicolas Sarkozy, sa victoire au deuxième tour, avec 66,5 % des voix, ne laisse aucune place au doute : c’est bien un vote d’adhésion à son programme que les électeurs de la primaire de la droite et du centre ont fait, dimanche 27 novembre.

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La bataille "projet contre projet" annoncée au soir du premier tour par Alain Juppé a donc été tranchée. Malgré les nombreuses attaques subies dans l’entre-deux-tours, qui l’ont dépeint comme un "ultralibéral" et un "ultraconservateur", François Fillon l’a clairement emporté.

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Ce choix montre d’abord que les électeurs de droite n’en peuvent plus d’attendre la fameuse "rupture" promise il y a déjà presque dix ans par Nicolas Sarkozy. Déçus par la présidence de ce dernier, poussés à bout par les cinq années du mandat de François Hollande, ils veulent voir la France et son modèle économique et social se transformer radicalement. En ce sens, les réformes plus modérées d’Alain Juppé, devenu un candidat centriste à leurs yeux, ne pouvaient répondre à leurs attentes.

Ne pas commettre la même erreur que la gauche en 2011

Avec François Fillon, pensent-ils, leur camp tient enfin un candidat qui promet de renverser la table et qui, surtout, tiendra ses engagements. Sa fermeté pour faire passer les réformes des retraites en tant que ministre des Affaires sociales en 2003, puis en tant que Premier ministre en 2010, en est la preuve : voilà un homme politique qui ne recule pas face aux grévistes et qui sait réformer la France.

Pour les 2,9 millions d’électeurs de droite ayant voté pour lui dimanche, cette autorité d’homme d’État est également ce qui fait sa force, notamment lorsqu’il s’exprime sur les questions de terrorisme islamiste, d’immigration et de délinquance. Prenant toujours soin dans ses discours de meeting de lier subtilement ces trois sujets, François Fillon a ainsi pris le parti de la ligne identitaire défendue par Nicolas Sarkozy, rejetant le multiculturalisme et prônant l’assimilation plutôt que l’intégration.

>> À lire : "François Fillon, l'élu qui laboure toutes les terres de droite"

S’il n’a jamais commis les mêmes outrances verbales que l’ancien chef de l’État, le candidat de la droite pour 2017 n’a toutefois rien à lui envier, tant son programme se positionne à la droite de la droite sur ces questions et loin, très loin, de la position d’Alain Juppé sur la "richesse de la diversité" des Français. C’est donc là aussi une réponse sans ambiguïté qu’ont apporté les électeurs à deux visions qui s’opposaient au sein de leur famille politique.

De toute évidence, c’est donc d’abord le choix de la clarté qui a été fait par les électeurs de droite. Consciemment ou inconsciemment, ces derniers ont su tirer les leçons de la primaire de la gauche organisée il y a cinq ans. Martine Aubry n’avait-elle pas prévenu alors, au sujet de François Hollande, aujourd’hui accusé par une large partie de ses électeurs et de sa majorité de ne pas avoir tenu ses promesses de campagne : "Quand c’est flou, il y a un loup" ? La droite peut au moins être rassurée sur ce point : avec François Fillon, c’est clair et net.

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