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FRANCE

Non-candidature de Hollande : "Il est rarissime qu’un homme politique sache quand s’arrêter"

© AFP (archive) | "C’est rarissime qu’un homme politique sache quand s’arrêter", souligne le politologue Thomas Guénolé.

Vidéo par FRANCE 2

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 02/12/2016

François Hollande a annoncé jeudi qu'il ne briguerait pas de second mandat. Pour le politologue Thomas Guénolé, qui avait prédit en avril que le président ne se représenterait pas, le rapport de force politique avait rendu sa candidature impossible.

C'est contraint que François Hollande a dû renoncer à une nouvelle candidature à l'élection présidentielle, selon le politologue Thomas Guénolé, contacté par France 24. D'abord par le rapport de force politique actuel, puis par son Premier ministre Manuel Valls, qui n'a cessé depuis deux semaines d'expliquer dans la presse que François Hollande devait renoncer. "Un comportement d'une inélégance rare", assène le politologue.

>> À voir : François Hollande : "J'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle"

France 24 : François Hollande vient d’annoncer qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle. Était-ce le seul choix possible pour lui ?

Thomas Guénolé : Je ne suis pas surpris. J’avais dit en février qu’il n’avait aucune chance d’être réélu. En avril, j’avais ensuite pronostiqué qu’il ne serait pas candidat en expliquant qu’avec le rapport de force dans le paysage politique, ça ne passerait pas pour lui. Pour en arriver à cette conclusion, je me suis basé sur le précédent de 2008. Cette année-là, alors qu’il était Premier secrétaire du Parti socialiste, il était arrivé au même constat et avait décidé de ne pas se représenter, laissant le champ libre à Martine Aubry.

Par ailleurs, je tiens à dire qu’en tant qu’éditorialiste, j’ai été très critique sur son action de président, mais je tiens à saluer la sagesse de sa décision. Il est rarissime qu’un homme politique sache quand s’arrêter.

>> À lire : François Hollande, le président "normal" devenu champion de l'impopularité

La publication du livre "Un président ne devrait pas dire ça…" a-t-elle achevé de réduire ses chances à néant ?

C’est la goutte d’eau qui fait qu’il n’est même pas candidat à la primaire. Mais même sans le livre, je pense qu’il n’aurait pas été candidat. Quand vous voyez le rapport de force électoral à l’heure actuelle, ça ne serait pas passé, même sans la publication du livre.

>> À lire : Mariage pour tous, chômage, terrorisme... Le bilan de François Hollande

Cette annonce éclaircit-elle le ciel de la gauche à court terme ?

Pour la gauche dans son ensemble, c’est beaucoup mieux car n’importe quel candidat différent de François Hollande a des chances de faire un score moins humiliant. Mais, individuellement, pour chaque candidat, que ce soit ceux de la primaire de la gauche ou les autres, en revanche, c’est une mauvaise nouvelle. Arnaud Montebourg, lui, estimait qu’il allait facilement battre François Hollande à la primaire. Et si Hollande avait gagné la primaire, Jean-Luc Mélenchon se serait retrouvé avec un adversaire plus facile à battre. Le seul qui bénéficie de ce renoncement, c’est donc Manuel Valls, car cela lui permet d’être candidat.

Le Premier ministre aura en tout cas tout fait pour empêcher le président de se représenter…

En effet, et pour quelqu’un qui dit avoir le sens de l’État, son comportement a été d’une inélégance rare. Il a quand même déployé un plan de communication sur plusieurs semaines pour expliquer que François Hollande ne devait pas y aller, avec en point d’orgue son interview dans le Journal du Dimanche. Hors micro, lors de leurs réunions de travail, je conviens que c’est quelque chose qu’il pouvait faire car c’était la bonne analyse, mais la répandre publiquement, c’est médiocre et cela montre que lorsque Manuel Valls prétend avoir le sens de l’État, c’est une imposture.

Qui de Valls ou de Montebourg est le mieux placé pour remporter la primaire de la gauche ?

On n’en sait rien. Les sondages actuels ne veulent rien dire et n’ont pas valeur de pronostic. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il va y avoir une confrontation sur le programme économique, entre un Manuel Valls qui prône le libre-échange, la compétitivité, la baisse du coût du travail et l’austérité et un Arnaud Montebourg adepte d’une politique économique protectionniste, de relance keynésienne de la consommation, des investissements et en faveur de la redistribution des richesses.

Et pour François Fillon ? Le retrait de François Hollande change-t-il quelque chose ?

Le fait, tout simplement, que l’adversaire potentiel le plus facile à battre ne sera pas dans la compétition. Maintenant, si François Fillon doit affronter Arnaud Montebourg, il y aura un choc frontal en matière de politique économique, donc un débat intéressant. Si c’est Manuel Valls, il pourra l’attaquer sur son bilan de ministre de l’Intérieur et de Premier ministre de François Hollande.

Première publication : 02/12/2016

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