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Présidentielle gambienne : Yahya Jammeh reconnaît sa défaite sans appel face à Adama Barrow

Adama Barrow, vainqueur lde la présidentielle gambienne.
Adama Barrow, vainqueur lde la présidentielle gambienne. Marco Longari, AFP

Défiant tous les pronostics, l'opposant Adama Barrow a battu le chef de l'État sortant Yahya Jammeh jeudi, lors de la présidentielle en Gambie, avec 45,5 % des suffrages. Ce dernier a reconnu sa défaite et félicité son adversaire.

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La présidentielle du 1er décembre s'annonçait sans suspense. La plupart des observateurs avaient pronostiqué la victoire de Yahya Jammeh, l'homme qui règne d'une main de fer depuis 22 ans sur la Gambie. Mais vendredi 2 décembre, coup de théâtre : c'est finalement l'homme d'affaires et candidat d'une coalition d'opposition, Adama Barrow, qui a remporté le scrutin. L'annonce des résultats a fait l'effet d'un tsunami dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest, d'autant que l'écart entre les deux candidats est large : Adama Barrow a obtenu 45,5 % des voix contre 36,6 % pour Yahya Jammeh, selon la Commission électorale.

Le président sortant a reconnu sa défaite et a félicité adama Barrow dans une déclaration télévisée vendredi soir.

"Il est vraiment exceptionnel que quelqu'un qui a dirigé le pays aussi longtemps ait accepté sa défaite", a déclaré à des journalistes le président de la Commission, Alieu Momar Njieaux, peu avant l'horaire prévu pour l'annonce officielle des résultats à la mi-journée.

>> À voir : En Gambie, pas de bulletins, on vote avec des billes

La Maison Blanche a salué la décision du président gambien Yahya Jammeh, qui a dirigé son pays pendant 22 ans, de reconnaître sa défaite face à l'homme d'affaires Adama Barrow et de "respecter la volonté du peuple".

Quelque 890 000 électeurs, sur près de 2 millions d'habitants, étaient appelés aux urnes, pour départager les trois candidats.

Yahya Jammeh a longtemps pu compter sur la peur pour garder la majorité des Gambiens dans le rang : peur des pouvoirs mystiques dont il se dit doté, peur de la répression – parfois sanglante – de toute contestation, peur de sa mainmise sur les forces armées dont il est issu ...

Fin de règne d'un dictateur-guérisseur 

Lieutenant de 29 ans lors de sa prise du pouvoir, cet amateur de lutte au physique imposant, marié et père de deux enfants, a troqué l'uniforme contre de luxueux boubous.

Outre ce changement vestimentaire, il a ajouté à son nom de naissance une série de titres honorifiques. Il se fait appeler "Son Excellence Cheikh Professeur El Hadj Docteur", ainsi que, depuis quelques années, "Babili Mansa", ayant le double sens de "bâtisseur de ponts" et "roi défiant les fleuves" en mandingue, une des langues parlées en Afrique de l'Ouest.

Après des études secondaires à Banjul, il s'engage en 1984 dans la gendarmerie. Jusqu'en 1992, il commande la police militaire à deux reprises.

En 1996, il prend sa retraite de l'armée avec le grade de colonel, crée son parti et se présente à sa première présidentielle, qu'il remporte. Il a été constamment réélu depuis.

Outre ses prétendus pouvoirs mystiques, sa biographie officielle lui prête "une vaste connaissance dans la médecine traditionnelle, surtout dans le traitement de l'asthme et de l'épilepsie".

Il assure pouvoir "guérir" la stérilité et le sida avec des plantes et des incantations mystiques donnant lieu à des séances collectives filmées et diffusées par les médias publics, au grand dam des acteurs de la lutte contre le VIH.

Il cultive aussi l'image d'un musulman pieux, apparaissant régulièrement Coran et chapelet en main.

En décembre 2015, à la surprise générale, il proclame la Gambie république islamique, sans conséquence immédiate sur la vie quotidienne des quelque 2 millions d'habitants, dont environ 90 % de musulmans et près de 8 % de chrétiens.

Yahya Jammeh s'illustre régulièrement par des déclarations fracassantes, notamment contre l'homosexualité, les puissances occidentales, la Cour pénale internationale (CPI) dont il a retiré la Gambie en octobre, bien que la procureure soit son ancienne ministre de la Justice.

Il lui arrive fréquemment de menacer de mort tous ceux qu'il considère comme des fauteurs de troubles, pour adopter en d'autres circonstances un ton parfaitement posé.

Son régime est accusé par des organisations non gouvernementales et certaines chancelleries de violations systématiques des droits de l'Homme, critiques qu'il balaye systématiquement.

"Peu importe ce que les gens disent de moi, je n'en suis pas touché", avait-il dit en déposant sa candidature en novembre. "C'est entre moi et Dieu".

Avec AFP

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