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Brésil : ultime hommage à l'équipe de Chapecoense

Cérémonie de funerailles à Chapeco pour les membres de l'équipe Chapecoense morts dans le crash de leur avion en Colombie.
Cérémonie de funerailles à Chapeco pour les membres de l'équipe Chapecoense morts dans le crash de leur avion en Colombie. Douglas Magno, AFP

La ville brésilienne de Chapeco a rendu, samedi, dans son petit stade, un dernier hommage à ses joueurs, disparus dans le crash de leur avion en Colombie. Le chef d'État était présent ainsi que le président de la Fifa, Giani Infantino.

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Entre larmes, recueillement et chants de supporteurs, la ville brésilienne de Chapeco a rendu, samedi 3 décembre, dans son petit stade archi-comble, un ultime et déchirant hommage à son équipe de football, décimée dans le crash de l'avion qui la transportait en Colombie, le 28 novembre.

Bravant une pluie battante, des milliers d'habitants de cette petite ville du sud du Brésil se sont massés dans la matinée tout le long du trajet du cortège funèbre, entre l'aéroport et le stade, pour saluer la mémoire de ses champions disparus.

Des fusées d'artifices tirées depuis le stade ont illuminé le ciel de Chapeco au moment où se sont posés à l'aéroport les deux appareils de la Force aérienne brésilienne rapatriant les dépouilles.

"La sensation est horrible, regarder et savoir que mon fils va entrer ici dans un cercueil", a confié la mère de Danilo, le gardien de but de l'équipe, âgé de 31 ans, ovationnée juste avant par le public à son arrivée sur la pelouse.

Un par un, cinquante cercueils blancs, protégés de la pluie par des bâches de plastique transparent et portant l'inscription du nom des défunts, ont été débarqués sur le tarmac où des militaires formaient une haie d'honneur.

Les cercueils ont ensuite été chargés à bord de quatre camions aux bâches découvertes qui les ont très lentement transportés jusqu'au stade où ils ont été exposés au bord de la pelouse sous un chapiteau.

Les proches parents des victimes se serraient dans les bras en sanglots, sous les regards émus de 19 000 amis, proches, et supporteurs présents dans les gradins.

"Dans la joie comme dans les moments les plus difficiles, tu sors toujours vainqueur"

Sur une grande banderole déployée au bord de la pelouse, où étaient déposées des couronnes de fleur, on pouvait lire : "Dans la joie comme dans les moments les plus difficiles, tu sors toujours vainqueur".

Beaucoup dans le public portaient les maillots vert et blanc de l'équipe. D'autres des tee-shirts floqués des photos de joueurs qui les avaient tant fait vibrer tout au long d'une saison de rêve, avant d'être fauchés aux portes de la gloire.

La modeste et longtemps obscure équipe de Chapecoense avait gravi ces dernières années tous les échelons du football brésilien pour se hisser en première division.

Elle se rendait en Colombie pour disputer la finale de la Coupe Sudamericana, la deuxième plus importante compétition continentale d'Amérique latine, quand son avion charter s'est écrasé dans la collines de la région de Medellin.

>> À lire : Chapecoense, le rêve brisé d’un petit poucet du foot brésilien

"Nous sommes très tristes. Nous vivions un rêve avec eux. Ils nous donnaient tant de joie", a témoigné une supportrice de l'équipe de Chapeco, où un deuil de 30 jours a été décrété. "Aujourd'hui, c'est un cauchemar. Toute la ville pleure, même la pluie, pour tous ceux qui sont morts, sans oublier les journalistes", a-t-elle ajouté en éclatant en sanglots.

Le président brésilien, Michel Temer, et celui de la Fédération internationale de football, (Fifa) Gianni Infantino, avaient pris place dans les tribunes, où ont retenti les hymnes du Brésil et du club.

Après de brefs discours officiels, le speaker a lu au micro les noms des joueurs et membres de l'encadrement techniques décédés, qui ont été salués à tour de rôle par les ovations du public.

La cérémonie s'est poursuivie dans un profond recueillement, entre musiques funèbres, salve d'honneur, minute de silence, et un hommage religieux œcuménique pendant lequel un message de solidarité et condoléances du pape François a été lu.

Au total, 77 personnes ont péri dans le crash de l'avion de la compagnie charter bolivienne Lamia. Parmi elles, une vingtaine de journalistes dont les dépouilles ont été rapatriées par avion séparément. Six passagers ont miraculeusement survécu.

Le crash est apparemment dû à une invraisemblable panne de carburant, selon la principale hypothèse des autorités colombiennes. La licence de vol de la compagnie Lamia a été suspendue par le gouvernement bolivien, qui a ouvert une enquête et destitué plusieurs hauts fonctionnaires de l'aviation civile. Selon le représentant de Lamia, Gustavo Vargas, l'appareil n'a pas respecté le plan d'approvisionnement en carburant en omettant une escale prévue à Cobija, ville bolivienne frontalière du Brésil, ou à Bogota.

Avec AFP
 

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