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En Libye, les jihadistes de l'EI chassés de leur fief de Syrte

Un char gouvernemental dans Syrte, le 14 août 2016.
Un char gouvernemental dans Syrte, le 14 août 2016. Mahmud Turkia, AFP

Après six mois de violents combats, les jihadistes du groupe État islamique (EI) ont subi un revers majeur en perdant, lundi, leur fief libyen de Syrte, repris par les forces gouvernementales.

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Les jihadistes du groupe État islamique (EI) ont perdu leur fief de Syrte, qu’ils avaient conquis en juin 2015 et qui était devenu leur place forte en Afrique du Nord. Lundi 5 décembre, les forces gouvernementales ont annoncé leur "victoire" et salué le "retour" de la ville dans le giron de l’État.

"Nos forces ont repris le contrôle total de Syrte", a précisé Reda Issa, le porte-parole de l'opération militaire. Elles "ont constaté aujourd'hui un effondrement total" des jihadistes, dont des "dizaines" se sont rendus, selon lui. Les derniers d'entre eux sont traqués "maison après maison". Selon lui, la proclamation officielle de la libération de Syrte "ne se fera que lorsque le dernier [jihadiste] sera anéanti. Ce sera dans les toutes prochaines heures".

La défaite de l'EI à Syrte est un nouveau coup dur pour le groupe extrémiste qui a connu ces derniers mois une série d'échecs militaires en Irak et en Syrie, où ses combattants sont actuellement attaqués dans leurs fiefs de Mossoul (nord de l'Irak) et de Raqqa (nord de la Syrie).

Le gouvernement libyen d'union nationale (GNA) de Faïez Sarraj, soutenu par les Nations unies, avait annoncé le 12 mai le début de la bataille de Syrte, ville située sur les bords de la Méditerranée, à 450 km à l'est de Tripoli. Les premières semaines avaient été prometteuses, les forces avaient repris la majeure partie de cette cité.

Combats de rues très violents

Mais les combats ont été particulièrement meurtriers : près de 700 morts et 3 000 blessés dans les rangs des forces pro-gouvernementales, composées en partie de miliciens de la ville de Misrata. Le nombre de jihadistes tués n'est pas connu.

Les jihadistes étaient ces derniers mois acculés dans le petit quartier d'al-Giza al-Bahriya qu'ils ont farouchement défendu en faisant notamment exploser des véhicules piégés conduits par des kamikazes.

"Le retard de l'assaut final est dû [...] principalement au fait qu'il s'agit de combats de rues très violents et que Daech [autre appellation de l'EI en arabe] reste déterminé à défendre ses positions jusqu'aux derniers mètres carrés", avait expliqué Reda Issa, le mois dernier.

À la demande du GNA, les États-Unis avaient débuté en août une campagne de frappes aériennes. Une aide précieuse : plus de 470 frappes ont été effectuées au 1er décembre par des avions, des drones ou des hélicoptères, selon l'armée américaine.

La perte de Syrte ne signifie pas la fin de la présence de l'EI en Libye, estiment des experts. "Conquérir Syrte et y établir une ‘wilaya’ ("province" en arabe) a été un coup de propagande qui avait attiré des combattants de toute l'Afrique du Nord et du Sahel", rappelle Mattia Toaldo, expert au groupe de réflexion European Council on Foreign Relations.

Ces jihadistes venus en nombre pourraient migrer vers le sud du pays profitant de l'absence d'État et tenter d'asseoir une nouvelle base.

Avec AFP

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