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2F Conseil, la société de François Fillon, bientôt au centre d'un conflit d'intérêts ?

Depuis juin 2012, l’ancien Premier ministre est à la tête d’une entreprise de consulting, 2F Conseil.
Depuis juin 2012, l’ancien Premier ministre est à la tête d’une entreprise de consulting, 2F Conseil. Thomas Samson, AFP

François Fillon est à la tête d'une société de conseil, qui lui aurait rapporté en trois ans "757 000 euros de revenus cumulables". Ses adversaires s'inquiètent de ce mélange des genres, alors qu'il se présente à la présidence de la République.

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François Fillon n’en parle jamais. Il ne l’a d’ailleurs pas évoqué durant la campagne des primaires de la droite et du centre. Et pourtant, depuis juin 2012, l’ancien Premier ministre est à la tête d’une entreprise de consulting, 2F Conseil, dont il est d’ailleurs le seul salarié, selon un article du Canard enchaîné, publié le 30 novembre.

En trois ans, cette petite société florissante lui a rapporté 624 000 euros de salaires nets et 133 000 euros de bénéfices, "soit 757 000 euros de revenus cumulables", comme le souligne l’hebdomadaire.

L’existence de cette entreprise ressurgit, alors que François Fillon vient tout juste de remporter la primaire de la droite et du centre et de se lancer dans la course à la présidentielle. Sur les réseaux sociaux, ses adversaires politiques ne manquent pas d’ironiser sur cette société "qui ne connaît pas la crise".

Le candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot, s’est d’ailleurs interrogé sur les sommes évoquées par le Canard enchaîné. "Pendant les cinq ans de son mandant parlementaire, il a quadruplé son salaire grâce à cette boîte de communication, il est indispensable qu’on sache quels étaient les clients de François Fillon, quelle entreprise a financé n’importe quel candidat", a-t-il ainsi déclaré sur l’antenne de BFM. "Vous n’avez pas envie de savoir pour quelles boîtes a travaillé un candidat ? S’il a travaillé pour des États étrangers ou pour des intérêts d’États étrangers, avant qu’il prétende à la plus haute fonction de l’État ? C’est une question de souveraineté de la France, d’indépendance", a-t-il ajouté.

>> À lire : François Fillon, le choix de la clarté

Des analyses, des notes et des conférences

Il est vrai que le flou entoure 2F Conseil. Selon l'hebdomadaire satirique, l’équipe de l’ancien Premier ministre a d’ailleurs refusé de citer le nom des clients de l’entreprise. "L’essentiel de l’activité de 2F Conseil est constitué des conférences données par François Fillon", ont répondu les collaborateurs du candidat de la droite, sans donner plus de détails. Une conférence aurait ainsi été donnée au Kazakhstan au VIIIe forum KazEnergy. Interrogé sur d’autres participations à des conférences à Moscou en 2013 et en Iran 2016, l’équipe du vainqueur de la primaire a en revanche nié ces informations. Mais, selon eux, François Fillon a aussi rédigé "quelques analyses de conjonctures et des notes portant sur l’état des relations internationales".

Même si certains crient au scandale et au possible conflit d’intérêt, alors que François Fillon a fait fructifier son entreprise tout en étant député, cette activité n’est en tout cas pas illégale. Comme le précise le code électoral : "Il est interdit à tout député de commencer à exercer une fonction de conseil, qui n’était pas la sienne avant le début de son mandat". Or, l’ex-locataire de Matignon a fait déposer les statuts de son entreprise au greffe du tribunal de commerce de Paris le 6 juin 2012, juste avant d’être élu député de Paris, le 17 juin. Comme le résumait en 2012 le site Rue 89 qui a enquêté sur cette société, François Fillon "a donc parfaitement respecté la loi. À défaut d’avoir vraiment respecté l’esprit de la loi".

>> À voir : François Fillon désigné candidat de la droite et du centre

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