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Les déchets électriques et électroniques, un gros défi français

Bloomberg / Contributeur

Parce que la pollution, ce n'est pas que celle des voitures sur l'autoroute du Soleil, celle des usines de nos périphéries urbaines ou encore celle des briques de lait qu'on jette dans la mauvaise benne.

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Chaque année, tandis que 24 millions de téléphones sont vendus en France, seuls 15 % des portables usagés sont récupérés. En d'autres termes, ce sont aujourd’hui pas moins de 100 millions de téléphones usagés qui se trouveraient dans la nature sur le territoire français.

Mercredi 7 décembre, l'association Les Amis de la Terre a publié une enquête sur la filière de collecte et de recyclage des déchets électriques et électroniques, 10 ans après son lancement. En septembre dernier, le rapport présenté par la sénatrice écologiste du Nord Marie-Christine Blandin en disait déjà long sur l'enjeu environnemental qui se cache derrière ces déchets dont on ne sait que faire.

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Si chacun a en tête que les piles usagées ne se jettent pas à la poubelle mais peuvent être déposées dans des points de collecte, on ne peut malheureusement pas encore en dire autant des batteries, cartes-mères et jeux électroniques.

Des déchets électroniques déguisés en dons d’équipements

Ils ont moins mauvaise presse qu'un mégot jeté par terre, et pourtant. Ces déchets présentent une empreinte écologique très importante. Teneur en aluminium, cuivre et plomb, présence de polluants comme l'arsenic, le mercure, le lithium : sur le papier, ces produits dangereux sont supposés être recyclés dans le respect des conventions internationales comme la Convention de Bâle.

Envoyés illégalement vers les décharges d’Afrique ou d’Asie

Mais en pratique, nombreux sont envoyés dans des pays en développement, où ils sont ensuite traités par des enfants. Ainsi, alors que chaque Français produit en moyenne 20 kg de déchets électriques et électroniques par an, "une partie de ces équipements électroniques est collectée par une filière de traitement des déchets. Un très petit nombre est réparé. Et des milliers de tonnes sont envoyées, illégalement, vers les décharges d’Afrique ou d’Asie", faisait remarquer une enquête de la revue Bastamag, en 2014. Pour justifier cela, "les pays européens font passer les exports de déchets électroniques pour des dons d’équipements usagés", révèle dans cet article Mike Anane, un journaliste ghanéen qui travaille depuis dix ans sur les exportations illégales de déchets d’équipements électriques et électroniques.

Or, le faible taux de recyclage réel (35 %), additionné au "renouvellement rapide de nos biens de consommations", "contribue à un renouveau minier en France et à l’étranger", alerte Les Amis de la Terre.

La faute à l’obsolescence programmée et au manque d'informations

"Le cas du smartphone est emblématique des difficultés de la filière du recyclage. Alors qu’il se vend chaque année en France depuis 2013 entre 15 et 20 millions de smartphones, à peine 15 % de ces appareils en fin de vie atteignent les chaînes de recyclage", détaille ainsi Camille Lecomte. Et la chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables aux Amis de la Terre de poursuivre : "Pire, la complexification de ces appareils contraint la réutilisation de matières secondaires issues du recyclage : seuls 9 des 40 métaux présents dans les smartphones proviennent à plus de 50 % du recyclage. Les 31 autres sont principalement issus de l’extraction minière."

Toujours plus d'extraction minière...

Or, les métaux utilisés proviennent en majeure partie de régions du monde fragilisées par ces extractions. "Conflits armés et travail des enfants en République démocratique du Congo, pollutions et cancer à Baotou en Chine, déplacements et répression des populations au Pérou" font partie des conséquences directes qu'a un tel marché sur les populations locales.

Que faire ?

Un véritable levier de solution serait "une politique nationale de recyclage ambitieuse pour stopper le renouveau extractif et lutter contre l’exportation illégale des déchets", argue Les Amis de la Terre, qui propose dans ce document une série de recommandations pour y parvenir.

En attendant, à l'échelle du consommateur, quelques bonnes conduites peuvent d'ores et déjà être adoptées. Pour commencer : il est important de ne pas céder au renouvellement trop hâtif de son matériel informatique.

Ensuite, si l'on veut se débarasser d'un vieux téléphone portable, il est utile de se rapprocher des opérateurs de téléphonie mobile supposés disposer de bornes de recyclage en magasin.

Enfin, les appareils multimédia en général (tels que les téléviseurs, ordinateurs, cartouches d'imprimantes vides, etc.) peuvent être collectés par l'association Les ateliers du bocage, gérée par Emmaüs. À défaut, les chaînes de magasins spécialisés comme Darty, Boulanger ou encore la Fnac sont également en mesure de récupérer du matériel informatique usagé.

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