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En Iran, la chasse aux mannequins qui s'affichent sur Instagram se poursuit

De gauche à droite : Shabnam Molavi, Meelika Zamani, Hamid Fadaei et Niloofar Behboudi, des mannequins arrêtés en mars dernier dans le cadre de l'opération "Araignée II".
De gauche à droite : Shabnam Molavi, Meelika Zamani, Hamid Fadaei et Niloofar Behboudi, des mannequins arrêtés en mars dernier dans le cadre de l'opération "Araignée II". Instagram

Les autorités iraniennes poursuivent leur traque des modèles qui s’exposent sur Instagram. Lundi, douze d’entre eux ont été condamnés à des peines de prison.

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"Propagation de la prostitution et corruption", c’est la qualification au nom de laquelle huit femmes et quatre hommes ont été condamnés à des peines allant de cinq mois à six ans d’emprisonnement par le tribunal de Shiraz, dans le sud-ouest de l'Iran, lundi 5 décembre. En cause : la publication de photos d'eux sur le Web, et plus particulièrement sur Instagram.

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Ces lourdes peines s’inscrivent dans la continuité de la campagne menée par Téhéran ciblant les mannequins actifs sur les réseaux sociaux. Lancé en mars dernier par les autorités iraniennes, le programme "Araignée II" a identifié 170 personnes qui gèrent des comptes Instagram de propagation de "culture anti-islamique".

En mai dernier, huit mannequins très populaires sur les réseaux sociaux avaient ainsi été arrêtés, à l’instar de la célèbre Elham Arab.

L’identité des douze mannequins condamnés lundi n’a pas été révélée. Leur avocat, Mahmoud Taravat, joint par l’agence iranienne Ilna News, a affirmé que tous seraient interdits de retravailler dans la mode et le mannequinat. Par ailleurs, aucun déplacement à l’étranger ne leur sera autorisé, et ce durant deux ans après la fin de leur peine.

Instagram épinglé

En Iran, les photos de mannequins sont jugées "immorales" dès lors que les cheveux de la femme ne sont pas couverts, le voile étant obligatoire dans le pays. Instagram, un des seuls réseaux sociaux accessible dans le pays, est donc loin de faire de l’unanimité parce que nombreuses sont les Iraniennes à y publier des selfies non voilées.

L’appli de partage de photos est perçue comme le vecteur d’une guerre culturelle au sein de laquelle des "agents étrangers" combattent pour encourager l’occidentalisation des mœurs. Comme le résumait le porte-parole du centre de la cybercriminalité organisé, Mostafa Alizadeh, dans une interview à la télévision iranienne : "Le directeur d’Instagram Kevin Systrom souhaite importer le mannequinat en Iran et Kim Kardashian est chargée de faire le travail."

"Infiltration culturelle"

C’est ce contexte qui explique, entre autres, que le tribunal de Shiraz a affirmé lundi, que les mannequins d'Instagram faisaient la promotion d’une "culture occidentale qui prône la nudité". "Sous prétexte de faire du mannequinat, ils font des choses qui n’ont rien de sensé en Orient", avait encore déclaré le 14 novembre à l’agence d’informations Mizan le procureur de la ville de Qazvin, où d’autres mannequins ont été arrêtés le mois dernier.

Cette répression féroce a forcé certaines stars du mannequinat iranien à fuir le pays, à l’instar du couple Hamid Fadaei et Elnaz Golrokh, désormais installé à Dubaï.

Quant aux condamnés à des peines d'emprisonnement par le tribunal de Shiraz, lundi, ils ont tous fait appel de la décision de justice.

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