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Procès Cahuzac : retour sur le plus grand scandale du quinquennat Hollande

Le président François Hollande, aux côtés de Jérôme Cahuzac alors ministre du Budget, en juillet 2012.
Le président François Hollande, aux côtés de Jérôme Cahuzac alors ministre du Budget, en juillet 2012. AFP, Archive

La justice française a condamné, jeudi, l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale et blanchiment. Retour sur l'affaire qui a déclenché le plus retentissant scandale du mandat de François Hollande.

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Quatre ans après avoir déclenché le plus retentissant scandale du quinquennat de François Hollande, l’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac a été condamné à trois ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité, jeudi 8 décembre, pour avoir fraudé le fisc français.

À l'issue de deux semaines de procès devant le tribunal correctionnel de Paris, en septembre, le parquet avait requis de la prison ferme contre les ex-époux Cahuzac, pour "une vie familiale enracinée dans la fraude". Le parquet avait demandé trois ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité contre l'ex-étoile montante socialiste, ancien maire et ancien député, qui a "trahi tous ses serments", et deux ans ferme contre son ex-épouse Patricia.

Le scandale Cahuzac aura profondément marqué le quinquennat François Hollande : depuis, la France a renforcé ses outils contre la fraude, avec la création d'une Haute autorité pour la transparence de la vie publique, un statut pour les lanceurs d'alerte et une agence anticorruption.

Des liasses de billets dans la rue

L’affaire Cahuzac est aussi l'histoire de la chute d'un homme qui avait "une part d'ombre". Un chirurgien de talent saisi du virus de la politique, un ministre "brillant", selon des collaborateurs et élus de tous bords. Mais aussi, comme l'a crûment mis en lumière le procès, un fraudeur au nom de code "Birdie" qui se fait remettre dans la rue des liasses de billets provenant de ses comptes cachés.
Quand, en décembre 2012, le site d'informations Médiapart révèle que le ministre du Budget a un compte en Suisse, Jérôme Cahuzac nie et s'enferre dans le mensonge. Il finira par démissionner le 19 mars 2013, par avouer sa faute le 2 avril.

"Patrimoine dissimulé de 3,5 millions"

Le procès va révéler les secrets bancaires d'un couple dans la tourmente. Dans les années 90, il fallait placer l'argent qui coulait à flot de la florissante clinique d'implants capillaires gérée par les époux. "On était conscients de l'illégalité" de ses pratiques, a dit l'ex-épouse, une "femme trahie" qui révélera elle-même aux juges l'existence de comptes sur l'île de Man. Leur patrimoine global dissimulé est estimé à 3,5 millions d'euros.

Possible aménagement de peine pour l’ex-Madame Cahuzac

Les Cahuzac ont déjà payé leur dette au fisc d'un redressement majoré d'environ 2,5 millions d'euros. Reste la question de la prison. Si elle est condamnée, l’ex-femme de Jérôme Cahuzac n'ira sans doute pas en détention compte tenu des possibilités d'aménagement de peine. En revanche, le risque est réel pour Jérôme Cahuzac.

Le parquet a également requis 18 mois d'emprisonnement avec sursis et 375 000 euros d'amende, contre le banquier suisse du couple, François Reyl et l'intermédiaire Philippe Houman, soupçonnés d'avoir "organisé l'opacité" des avoirs. Contre la banque genevoise Reyl a été demandé l'amende maximale (1,875 million d'euros) et l'interdiction d'exercer une activité bancaire en France pendant cinq ans.

Avec AFP
 

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