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Donald Trump, un président peu prometteur pour l’Afrique

Le président élu Donald Trump à la sortie d'une réunion au Capitole le jeudi 10 novembre.
Le président élu Donald Trump à la sortie d'une réunion au Capitole le jeudi 10 novembre. Nicholas Kamm, AFP

L’Afrique sera-t-elle la grande oubliée de la politique étrangère du président Donald Trump ? Les indicateurs ne sont pas encourageants. Le nouveau président fait preuve d’un désintérêt et d’une méconnaissance sur les grands enjeux du continent.

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Au cours de sa campagne électorale aux accents ultraprotectionnistes, Donald Trump n’a évoqué qu’à de très rares occasions le continent africain, ou en des termes très caricaturaux et maladroits. Les pirates somaliens ? "Je les éradiquerai de la surface de la terre. Je le ferai si vite qu’ils n’auront aucune chance de survivre." L’Afrique du Sud ? "J’aime beaucoup Nelson Mandela mais l’Afrique du Sud est un foutu nid à criminels prêt à exploser." Conséquence de cette méconnaissance des enjeux et des problématiques du continent africain : " L’Afrique pourrait glisser vers le bas de la liste des priorités de la politique étrangère de l’administration de Donald Trump", assure Peter Vale, professeur à l’université de Johannesbourg, dans une tribune publiée sur le site The Conversation.

Pour ce spécialiste, Donald Trump - si tant est qu'il s’intéresse un tant soit peu à l’Afrique - gérera le continent comme il gère ses affaires. "En bon businessman, il exigera un retour sur investissement. Or peu de pays africains sont en mesure de lui en assurer. Sa réponse pourrait alors être celle d'un présentateur de reality show (Trump a animé l’émission de télé-réalité "The Apprentice", ndlr) : éjecter tous les candidats qui ne rentreraient pas dans le rang."

"Une baisse de l’aide en Afrique"

Certains pays africains ne se remettraient pas d’être délaissés par les États-Unis. Sous la présidence Obama, le pays a considérablement augmenté son aide au développement, passant de 5 milliards de dollars en 2007 à 8,5 milliards de dollars par an aujourd’hui.

À l’instar du Malawi, où 700 millions de dollars ont été dépensés par l'agence américaine de développement (USAID) ces cinq dernières années, beaucoup dépendent de manière significative de ce soutien financier pour développer leurs programmes de santé, d'éducation ou d'agriculture. Mais Peter Vale en est convaincu : "Il y aura une baisse de l'aide à l'Afrique en provenance des États-Unis".

Donald Trump pourrait également renégocier l'Agoa (Africa Growth and Opportunity Act), qui permet à 39 pays africains d'être exonérés de taxes à l'exportation vers les États-Unis. Sous la présidence Obama, cet accord de libre-échange était utilisé comme un outil indirect de promotion des droits de l'Homme. Le Swaziland en a par exemple été exclu en 2015 en raison du caractère répressif du régime monarchique. Mais il pourrait être aboli, Trump ayant déclaré à maintes reprises son aversion pour les accords de ce type, sans toutefois citer nommément l’Agoa.

Sécurité, climat : Aucune réponse face aux grands enjeux

Signe d’une redistribution possible des cartes, ce sont les chefs d’États avec lesquels Barack Obama était le plus en indélicatesse qui se sont félicités les premiers de la victoire de Donald Trump. Le Burundais Pierre Nkurunziza a ainsi tweeté : "Votre victoire est la victoire de tous les Américains", suivi de près par le Congolais Joseph Kabila, satisfait de cette élection surprise.

L’analyse de l’éditorialiste du site d’information guinéen Djely est tranchante : "On peut penser que les petits dictateurs du continent auront moins de soucis à se faire avec le nouveau président que les Américains se sont choisi : un président fan de Vladimir Poutine et qui promet de normaliser les rapports avec la Corée du Nord."

Autre inquiétude : le volet sécuritaire. Le discours de Donald Trump est très ambivalent. S’il assure vouloir "tuer les terroristes", laissant ainsi entrevoir une plus grande implication des États-Unis à la fois contre Boko Haram, contre la déclinaison sahélienne d'Al-Qaida (Aqmi) et contre les shebab somaliens, il se dit aussi prêt à désengager l’armée américaine des champs de bataille à l’étranger. Même si ce cas de figure semble très peu probable, le futur locataire de la Maison blanche n’a détaillé aucune politique militaire en Afrique au cours de sa campagne.

Enfin, c’est le caractère climato-septique de Donald Trump que redoutent les Africains. Le continent est durement touché par le dérèglement climatique. Les grandes sécheresses et les inondations y font déjà des ravages. La non-implication des États-Unis dans le règlement de cette problématique majeure pourrait s’avérer catastrophique.
 

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