Accéder au contenu principal

Nigeria : un attentat imputé à Boko Haram fait au moins 45 morts

Dans la région de Maiduguri (nord du Nigeria), les attentats-suicides de Boko Haram sont fréquents et souvent perpétrés par des jeunes filles.
Dans la région de Maiduguri (nord du Nigeria), les attentats-suicides de Boko Haram sont fréquents et souvent perpétrés par des jeunes filles. Stringer, AFP

Au moins 45 personnes sont mortes vendredi dans un double attentat-suicide perpétré par deux femmes dans un marché au nord-est du Nigeria. Le mode opératoire est celui utilisé par les islamistes de Boko Haram qui sévissent dans la région.

Publicité

Il porte la marque de Boko Haram. Un double attentat-suicide perpétré par deux femmes dans un marché de Madagali (nord-est du Nigeria) a tué au moins 45 personnes, vendredi 9 décembre. "Les deux kamikazes se faisant passer pour des clientes ont déclenché leurs ceintures explosives", a déclaré le représentant de la municipalité de Madagali, Yusuf Muhammad. Il a également fait état d'un nombre élevé de blessés.

Un mode opératoire bien rôdé

Ce double attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat mais le procédé utilisé est celui du groupe jihadiste nigérian Boko Haram, qui a souvent eu recours à des femmes et des jeunes filles voilées pour perpétrer des attaques contre la population.

Dans un rapport publié au début du mois de décembre, le centre d'analyses International Crisis Group a alerté le gouvernement nigérian sur le rôle actif des femmes dans ce conflit. "Les femmes ne sont pas seulement victimes mais aussi actrices dans cette guerre", pouvait-on lire dans le rapport "Nigeria : les femmes et l'insurrection de Boko Haram".

Après sept ans de guerre, "les hommes ont été tués de manière disproportionnée", souligne le rapport, et les femmes, kidnappées ou qui ont choisi de rejoindre le groupe jihadiste par conviction, sont régulièrement utilisées comme bombes humaines depuis près de deux ans par la faction du groupe dirigé par Abubakar Shekau.

>> À lire aussi : "#BringBackOurGirls : l'armée nigériane libère l'une des lycéennes de Chibok"

Coup dur pour le président nigérian

L'attentat particulièrement meurtrier perpétré vendredi est un nouveau coup dur pour le président nigérian Muhammadu Buhari, qui a affirmé lors du Sommet pour la sécurité de Dakar qui s'est tenu les 5 et 6 décembre, que la "situation [était] sous contrôle".

"[L'armée] est désormais entrée dans la forêt de Sambisa et en ce qui concerne la présence de Boko Haram dans la région du Lac Tchad, je pense qu'ils sont finis", avait-il déclaré avec fierté. Le chef de l'État nigérian a fait de la lutte contre Boko Haram l'une des priorités de son mandat.

Mais le Nord-Est connait une recrudescence des attaques ces dernières semaines. Elles sont chaque année plus nombreuses à la fin de la saison des pluies.

Boko Haram, secte salafiste extrémiste transformée en mouvement islamiste à la mort de son fondateur Mohammed Yusuf, a fait plus de 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés dans le nord-est du Nigeria depuis 2009. En mars 2015, son chef Abubacar Shekau avait fait allégeance à l'organisation de l'État islamique et cette dernière a récemment désigné Abu Mosab al-Barnaoui comme le nouveau leader de la secte. Mais Abubacar Shekau et ses hommes continuent de sévir dans le nord du Nigeria et l'Extrême-Nord du Cameroun.

>> À lire aussi : "Le Nigeria face à la plus grave crise humanitaire du continent africain"

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.