Accéder au contenu principal

Ouverture du procès de Christine Lagarde, accusée de "négligence" dans l’affaire Tapie

Christine Lagarde s'est mise en congé du FMI pendant son procès sur son rôle dans l'arbitrage Tapie.
Christine Lagarde s'est mise en congé du FMI pendant son procès sur son rôle dans l'arbitrage Tapie. Molly Riley, AFP

Christine Lagarde, ancienne ministre et actuelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), est jugée à partir de lundi par la Cour de justice de la République sur son rôle dans l'arbitrage Tapie.

Publicité

Elle risque jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Christine Lagarde, la patronne du Fonds monétaire international (FMI), comparaît lundi à Paris devant la Cour de justice de la République (CJR), pour une "négligence" à l'origine d'un colossal détournement d'argent public quand elle était ministre de l'Économie.

Il s’agit précisément de l'affaire d'arbitrage intervenu dans le très vieux conflit entre l’ex-ministre et homme d’affaires Bernard Tapie et l'ancienne banque publique Crédit Lyonnais sur la revente en 1994 de l'équipementier sportif Adidas.

Le procès est prévu jusqu'au 20 décembre

"J'ai essayé de faire tout mon travail, le mieux possible dans la limite de tout ce que je savais", a affirmé Christine Lagarde, 60 ans, dans un reportage diffusé dimanche soir sur France 2, en se disant "confiante et déterminée".

"La négligence est un délit non intentionnel. Je pense qu'on est tous un peu négligent quelque part dans sa vie", a ajouté celle qui sera le septième membre de gouvernement à comparaître devant la CJR, chargée depuis 1993 de juger les ministres pour les crimes et délits commis dans l'exercice de leurs fonctions.

À 14 h s'ouvrira son procès devant cette juridiction d'exception, composée de trois juges de la Cour de cassation, six députés et six sénateurs. Il est prévu qu'il dure jusqu'au 20 décembre.

Reconduite haut la main l'été dernier comme directrice générale du FMI, elle a indiqué récemment qu'elle se mettrait "en congé" de l’institution le temps du procès, sans se prononcer sur les conséquences d'une éventuelle condamnation.

Ministre de l'Economie et des Finances entre 2007 et 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, elle est jugée au titre de l'article 432-16 du Code pénal qui vise toute personne dépositaire de l'autorité publique qui aurait, par sa "négligence", permis un détournement de fonds publics.

Il est reproché à l’une des femmes les plus puissantes du monde d'avoir fait preuve dans cette affaire "d'une incurie et d'une précipitation critiquables" et d'avoir ainsi "privé l'État d'une chance d'éviter que ses fonds soient détournés".

Les enquêteurs soupçonnent un "simulacre"

À l'automne 2007, elle a autorisé, avec "légèreté" selon les enquêteurs, le choix d'une procédure privée d'arbitrage dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais.

Puis en juillet 2008 elle a renoncé, un peu vite selon les magistrats instructeurs, à engager un recours contre la sentence arbitrale qui attribue à l'ancien patron de l’OM plus de 400 millions d'euros (avec les intérêts), pris sur les deniers publics.

Le recours à l'arbitrage se préparait cependant avant son arrivée à Bercy. Surtout, Christine Lagarde n'est pas intervenue dans le choix, très controversé, des arbitres.

L'arbitrage a été annulé en 2015 au civil. Au pénal, les enquêteurs soupçonnent un "simulacre" organisé au bénéfice de l'homme d'affaires, dont l'avocat avait des liens avec l'un des arbitres.

Bernard Tapie, qui se défend d'avoir floué le contribuable et conteste l'annulation de l'arbitrage, a affirmé dimanche au JDD que Christine Lagarde ne lui "a jamais fait de cadeau". "En tant que ministre, elle a fait ce qu'elle avait à faire. Ni plus, ni moins".

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.