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Découvertes

La BBC a lancé une télé-réalité sur les musulmans pour "déconstruire les préjugés"

Les dix participants de l'émission de télé-réalité "Muslims like Us", diffusée sur la BBC2.
Les dix participants de l'émission de télé-réalité "Muslims like Us", diffusée sur la BBC2. BBC
Texte par : Majda ABDELLAH
7 mn

Lundi 12 décembre, à 21h, les Britanniques ont pu découvrir "Muslims like us", la première télé-réalité mettant en scène des musulmans, ambiance "Big Brother". Mashable FR fait le point sur le concept très controversé.

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"Musulmans comme nous", c'est le titre de la nouvelle télé-réalité tout juste lancée par la BBC. Présentée par la chaîne comme un "documentaire" en deux épisodes, elle est diffusée le lundi à 21h.

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Après le premier épisode lancé le 12 décembre, on a tenté de décortiquer l'émission histoire de comprendre le pourquoi du comment.

Le principe de l'émission

"Dix Britanniques musulmans qui partagent des visions différentes du monde s’installent dans une maison ensemble. Leurs débats passionnés, leurs francs désaccords, leur humour et leurs perceptions révèlent ce que signifie être un Britannique musulman aujourd’hui". Voilà le topo de l'émission présentée par la chaîne sur son site.

Concrètement, le concept de l'émission "Big Brother" est ici appliqué à un groupe de musulmans et sert de prétexte à l’évocation d’un débat sur l’identité musulmane telle qu’elle se vit au Royaume-Uni.

La boîte de production qui se cache derrière

Le programme a été réalisé par Love Productions, une boîte connue pour avoir déclenché quelques autres controverses par le passé.

Car si elle est à l’origine de l’émission culinaire à succès "Great British Bake Off" alias "Le Meilleur Pâtissier", c'est aussi elle qui se cache derrière "Benefits Street", l'émission qui a pour "personnage principal" la ville de Birmingham où le taux de chômage culmine à 16,5%. Un concept qui avait d'ailleurs inspiré en France le sulfureux "Rue des Allocs".

Les participants choisis

Pour refléter la pluralité qu'elle jure de mettre en scène, la BBC est allée chercher des musulmans sunnites et chiites, des convertis, des hétéros, des homosexuels, des jeunes, des plus vieux, des femmes voilées et des femmes non-voilées.

Parmi eux : un top model, un jeune gay, une femme de 76 ans mais aussi Mehreen, une jeune enseignante qui se considère comme l’exemple de la musulmane "qui a mal tournée", ou encore Anthony Small, ancien champion de boxe devenu Abdul Haqq après sa conversion à l’islam. Un musulman qui ne cache pas ses positions extrémistes allant jusqu’à défendre les exécutions d'Américains par l’organisation État islamique.

Tous sont mis en scène dans plusieurs situations, à l’intérieur de la maison ou à l’extérieur, de la soirée karaoké à la distribution de dépliants sur l’islam en pleine rue en passant par les maraudes de soutien aux sans-abris. Dans le premier épisode, Abdul Haqq refuse par exemple de serrer la main aux femmes de la maison, persuadé que la mixité n'est pas autorisée dans l'islam.

L'objectif de l'émission

L’idée de ce docu-réalité est, selon les producteurs de l'émission, de faire tomber les clichés en révélant au grand public combien les opinions au sein des communautés musulmanes sont plurielles. En somme, il est question de faire entendre aux Britanniques qu’il n’existe pas "un musulman" mais "des musulmans" qui conçoivent chacun leur religion d’une manière différente.

"Nous voulions donner à voir les conversations qui agitent la communauté musulmane de l’intérieur", a affirmé au Guardian, Mobeen Azhar, le producteur de la série."Beaucoup de musulmans ont l’impression d’être sous les feux des projecteurs et d’avoir à se justifier perpétuellement. Nous explorons la diversité qui règne au sein de la communauté sur des questions comme la race ou la sexualité, d’une manière brute, très humaine."

Pourquoi cela fait polémique

Dit comme ça, l’objectif semble louable. Pourtant, les premiers spectateurs ont vite déchanté. Si certains médias font déjà l’éloge du premier épisode, comme le Telegraph qui y voit un appel à "lutter contre les islamophobes", sur les réseaux sociaux, nombreux sont les internautes – y compris musulmans – à ne pas cacher leur malaise devant l'émission. Le choix de faire participer un partisan de l’organisation État islamique dans l’émission avait d'ailleurs été vivement contesté avant même la diffusion du premier épisode.

"En mettant Abdul Haq dans le lot, la BBC induit qu’un musulman sur dix est comme lui ; ce qui n'est absolument pas le cas"

Fatima Salaria, responsable des programmes au sein de la BBC, a affirmé qu'il lui semblait "totalement irresponsable" de ne pas faire entendre une voix extrémiste dans l'émission. "Il y a des gens dans ma propre famille qui ont des opinions plutôt radicale", a-t-elle confié au Guardian. "Nous nous asseyons autour d'une table et nous discutons", a-t-elle ajouté.

Mais parmi les nombreuses critiques formulées figurent également celles qui pointent du doigt une sélection "caricaturale" des profils ou encore une mise en scène sur le format de la télé-réalité qui a de quoi laisser perplexe.

"La BBC a embauché tous les musulmans les plus controversés et les montre en train de se battre dans une maison. Quelle image de l’islam cela renvoie aux gens ?"

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"Comment peut-on considérer 'Muslim like us' comme convenable ? Ma religion n’est pas quelque chose qu'on regarde un lundi soir".

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