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Arbitrage Tapie : Christine Lagarde se dit peut-être "abusée" mais jamais "négligente"

Christine Lagarde, lundi 12 décembre 2016, à la Cour de justice de la République, à Paris.
Christine Lagarde, lundi 12 décembre 2016, à la Cour de justice de la République, à Paris. Martin Bureau, AFP

Accusée de négligence dans l'arbitrage de l'affaire Tapie, la patronne du FMI Christine Lagarde s'est défendue en admettant seulement avoir été peut-être "abusée", pointant du doigt l'administration de Bercy et son ancien directeur de cabinet.

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Elle a peut-être été "abusée" dans l'affaire Tapie, mais jamais "négligente" : l'ex-ministre et actuelle patronne du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde s'est défendue pied à pied, lundi 12 décembre, face à la Cour de justice de la République (CJR).

"Ai-je été abusée ? Avons-nous été plusieurs à être abusés ? Si oui, par qui ? Nous le saurons peut-être un jour, moi je souhaite le savoir. Ai-je été négligente ? Non." D'emblée, Christine Lagarde donne le ton.

Elle ne cite pas de noms, mais pas question pour l'ex-ministre de l'Économie de payer seule pour l'un des grands scandales financiers ayant eu lieu pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, celui de l'arbitrage Tapie.

"J'ai agi en conscience et en confiance avec pour seul objectif l'intérêt général", explique la directrice générale du FMI, 60 ans, reconduite à son poste l'été dernier.

La Cour vient d'évacuer une demande de report du procès faite par sa défense, et l’ancienne ministre, qui a subi sans ciller les flashes des photographes pendant de longues minutes au début de l'audience, veut maintenant en découdre. Lorsque la présidente Martine Ract Madoux propose une pause, après deux heures d'interrogatoire serré, elle refuse.

Christine Lagarde se décrit en ministre préoccupée par les grandes questions "macro-économiques", voyageant sans cesse, confrontée aux signes avant-coureurs de la crise financière, à la tête d'un ministère "gigantesque" – les Finances, l'Économie et l'Emploi.

Des réunions secrètes à l’Élysée selon Lagarde

Si "cette histoire d'arbitrage n'est pas une priorité" pour elle, l'avocate ayant exercé dans un prestigieux cabinet anglo-saxon trouve que "ça vaut la peine d'explorer" cette voie pour mettre fin au contentieux judiciaire avec Bernard Tapie, aussi tentaculaire – neuf procédures parallèles – que coûteux – 32 millions d'euros d'honoraires d'avocats par an pour l'État.

Pourquoi ne tient-elle pas compte des avis de l'Agence des participations de l'État, très hostile à tout arbitrage ? C'est qu'elle reçoit "8 000 à 9 000 notes par an" : c'est son équipe, qu'elle a pris "telle qu'elle était" en arrivant au ministère, qui fait le tri.

Christine Lagarde assure qu'à Bercy, ce paquebot au "code" particulier, avec ses hauts fonctionnaires parfois aussi puissants que les ministres, on ne lui dit pas tout. Par exemple, on lui aurait caché une nouvelle rédaction du compromis d'arbitrage, ouvrant la voie à la reconnaissance d'un "préjudice moral" de Bernard Tapie, formule qui fera scandale.

Elle dit n'avoir pas été informée non plus de certaines réunions se tenant à l'Élysée, en présence de son directeur de cabinet Stéphane Richard, lequel travaille "en symbiose" avec la présidence de la République.

Ce dernier, mais aussi Jean-François Rocchi et Bernard Scemama, chargés à l'époque de liquider une partie des actifs du Crédit Lyonnais, sont convoqués mercredi comme témoins.

Tous étaient sous l'autorité de Christine Lagarde. Tous sont mis en examen, avec d'autres, dont Bernard Tapie, dans le volet non-ministériel de l'enquête, toujours ouvert. Ces trois hommes pourraient donc témoigner sans prêter serment, pour ne pas nuire à leur propre défense. Le procès doit durer jusqu'au 20 décembre, la décision sera rendue dès la clôture des débats.

Avec AFP

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