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Italie : Gentiloni remanie à peine le gouvernement Renzi

© Vincenzo Pinto, AFP | Le traditionnel échange de la clochette du Conseil des ministres entre Matteo Renzi et Paolo Gentilon.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 13/12/2016

Le nouveau chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni a dévoilé la liste de son gouvernement, formé d'une majorité de ministres déjà présents dans l'équipe sortante dirigée par Matteo Renzi.

Le 61e gouvernement italien depuis 1946 a prêté serment lundi soir, mettant ainsi un terme à l'une des plus brèves crises politiques dans l'histoire de la République, cinq jours après la démission de Matteo Renzi.

Le passage de relais a eu lieu à 21 h avec le traditionnel échange de la clochette du Conseil des ministres entre Matteo Renzi, 41 ans, et Paolo Gentiloni, 62 ans, les deux hommes s'étant auparavant fait une chaleureuse accolade.

>> À lire sur France 24 : "Qui est Paolo Gentiloni, le nouveau chef du gouvernement italien ?"

Une nouvelle équipe peu remaniée a prêté serment

À l'issue d'une journée de consultations au cours de laquelle il a rencontré les représentants des différents groupes parlementaires, Paolo Gentiloni, lieutenant de l'ex-Premier ministre Matteo Renzi, a présenté un gouvernement peu remanié par rapport au précédent.

Celui qui était ministre des Affaires étrangères a annoncé que son successeur à la tête de la diplomatie italienne serait Angelino Alfano, le ministre de l'Intérieur sortant et ancien bras droit de Silvio Berlusconi. Dans ce jeu de chaises musicales, c'est l'ancien secrétaire d'État chargé des services secrets, Marco Minniti, qui remplace Angelino Alfano à l'Intérieur.

Comme attendu, le ministre des Finances Pier Paolo Padoan, 66 ans, est maintenu dans ses fonctions dans un contexte de regain en Italie d'une crise bancaire récurrente.

Les portefeuilles de la Défense et de la Justice sont conservés par leurs titulaires, Roberta Pinotti et Andrea Orlando. De même que ceux de la Culture et de la Santé, détenus par Dario Franceschini et Beatrice Lorenzin.

Valeria Fedeli, 67 ans, fait pour sa part son entrée à l'Éducation en remplacement de Stefania Giannini, qui paie le prix de l'échec de sa réforme de l'école.

Quant à Maria-Elena Boschi, ancienne ministre des Réformes, proche de Matteo Renzi avec qui elle a porté la révision de la Constitution rejetée par les Italiens au référendum du 4 décembre, elle reste au gouvernement et hérite du secrétariat d'État à la présidence du Conseil, poste stragégique équivalent à celui de chef de cabinet.

Les explications de notre correspondante

L'opposition dénonce un gouvernement "photocopie"

Avant même l'annonce de la composition de son équipe, l'opposition avait dénoncé ce qu'elle considère comme un "avatar" du gouvernement Renzi.

La présidence du Conseil "ne veut pas prendre acte du non de 20 millions d'Italiens" pendant le référendum, a déploré lundi Beppe Grillo, le chef du M5S, annonçant sur son blog une grande manifestation avant le 24 janvier.

"Gentiloni est la photocopie perdante de Renzi", a de son côté regretté Matteo Salvini, le chef de la Ligue du Nord, un mouvement opposé à l'euro et à l'immigration.

Décidé à rester dans l'arène politique, Matteo Renzi a quant à lui assuré qu'il continuerait son combat pour moderniser l'Italie.

Devant la direction du Parti démocrate (PD, centre gauche), dont il reste le secrétaire général, il a souhaité lundi la convocation d'un congrès de ce parti et un "bon travail" à Paolo Gentiloni.

Première force politique du pays, le PD dispose de la majorité relative au Parlement.

Un agenda chargé pour le gouvernement Gentinoli

Après le vote de confiance prévu pour mardi et mercredi devant les chambres, le nouveau gouvernement sera à pied d'œuvre pour faire face aux grandes échéances, à commencer par le Conseil européen de jeudi, puis la présidence du G7 (sept des pays les plus industrialisés de la planète) qui sera assurée par l'Italie à partir du 1er janvier.

À son ordre du jour également, la gestion de l'urgence après les séismes d'août et octobre dans le centre de l'Italie ainsi que la crise bancaire qui frappe plusieurs établissements de la péninsule, dont la Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS).

Il lui faudra aussi travailler à l'indispensable révision de la loi électorale afin d'harmoniser celle qui est actuellement en vigueur pour la chambre des députés, élue à un scrutin à dominante majoritaire, avec celle pour le Sénat, élu à la proportionnelle.  De nouvelles élections législatives devraient se tenir au mois de juin 2017.

Avec AFP

Première publication : 13/12/2016

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