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Le Royaume-Uni devient le premier pays à autoriser la conception de bébés à partir de trois ADN

Une scientifique observe une division cellulaire d'un embryon au cours d'un programme de procréation médicale assistée.
Une scientifique observe une division cellulaire d'un embryon au cours d'un programme de procréation médicale assistée. Anne-Christine Poujoulat, AFP.

Le Royaume-Uni est devenu, jeudi, le premier pays à autoriser la conception de bébés à partir de l'ADN de trois parents. Cette pratique ne sera permise que dans un but thérapeutique, après le feu vert du comité d'éthique britannique.

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Un bébé, trois géniteurs. Afin de donner naissance à des enfants en meilleure santé, le Royaume-Uni a décidé, jeudi 15 décembre, d'autoriser la conception de bébés à partir de l'ADN de trois parents. Une première dans le monde.

La technique expérimentale consiste à combiner les ADN de deux femmes et d'un homme, après le feu vert du comité d'éthique britannique, pour éviter la transmission d'une maladie héréditaire maternelle.

"C'est une décision historique et je suis sûre que les patients prêts à bénéficier de cette technique seront ravis", a déclaré la présidente de l'Autorité de régulation de l'assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie (HFEA), Sally Cheshire.

"C'est un feu vert prudent, pas enthousiaste ", a-t-elle toutefois ajouté alors que ce traitement continue à susciter de vifs débats.

"Adoption prudente"

Pour les opposants, ce procédé va trop loin en matière de modification génétique et ouvre la boîte de Pandore de la sélection des bébés. Les députés britanniques avaient approuvé le procédé dès février 2015. Fin novembre, un comité indépendant d'experts britanniques avait recommandé une "adoption prudente", dans son quatrième et dernier rapport. Manquait l'approbation du comité d'éthique.

Le professeur Mary Herbert, de l'université de Newcastle, qui a développé la technique expérimentale qui sera utilisée, a salué la décision, avant d'ajouter: "Maintenant, nous avons besoin de donneurs d'ovules".

Environ 125 bébés naissent chaque année en Grande-Bretagne avec un dysfonctionnement mitochondrial, transmis par la mère. Les mitochondries sont des petits organites (structures spécialisées) présents dans les cellules qui transforment le glucose en molécule énergétique. Défectueuses, elles provoquent un déficit énergétique pour l'organisme et sont responsables de maladies dégénératives graves telles que le diabète ou la myopathie.

La technique de l'université de Newcastle permet de bloquer la transmission de la maladie de la mère à l'enfant. Elle consiste à retirer de l'ovule de la mère la mitochondrie défectueuse pour la remplacer par une mitochondrie saine provenant d'une autre femme.

Crispations

Après avoir été fécondé par le sperme du père en laboratoire, l'ovule est ensuite implanté dans l'utérus de la mère. Le futur enfant sera porteur de toutes les caractéristiques génétiques de son père et de sa mère puisque l'ADN mitochondrial représente moins d'1% de la quantité totale d'ADN contenue dans une cellule humaine.

Mais le changement sera permanent et se transmettra de génération en génération, un élément au cœur des crispations que suscite cet acte, dont on ne maîtrise pas encore toutes les conséquences.

Le premier bébé conçu grâce à cette nouvelle technique est déjà né en avril au Mexique, où il n'existe aucune règle sur la question.

Avec AFP

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