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Découvertes

J’ai testé Yoo Moov, le parc d’attractions "hyperspatiales" de la Villette, et j’ai transplané dans les années 2000

Vimeo/Yoo Moov Stations
8 mn

On m'avait vendu un voyage "extraordinaire sur les exoplanètes". J'ai surtout voyagé dans le temps. Celui où l'on considérait les lunettes 3D comme un fleuron de technologie.

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Mercredi 14 décembre, au niveau -1 de Vill’Up-Paris, centre commercial flambant neuf de la Villette, Yoo Moov Stations, "la première agence de voyage hyper-spatiale" pour les visiteurs "de 7 à 77 ans", a ouvert ses portes. Autant dire que lorsque j’ai reçu une invitation pour tester ce "parc d'attractions indoor, qui mêle sensations fortes et contenus finement scénarisés", j’étais littéralement pétrie d’impatience.

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15h00. Me voilà donc prête à embarquer pour un "voyage intergalactique" d’1h30, accompagnée d’une poignée de journalistes venue avec sa progéniture, conviée à l’événement. Au nombre de 16, capacité maximale de la session (contre 10 pour la seconde formule proposée, d’une durée de 25 minutes), on patiente sagement devant les portes encore closes de ce qui ressemble à un vaisseau spatial.

Je vais être honnête : dès les premières minutes dans le hall d’accueil, j’ai commencé à douter en observant l’uniforme pseudo-futuriste du personnel – une sorte de petite veste ajustée avec l’un de ces cols Mao qui m’ont toujours mise mal à l’aise. J’ai la désagréable sensation de me retrouver dans une partie de l’univers étendu de Temps X, l’émission de vulgarisation scientifique des frères Bogdanov diffusée sur TF1 dans les années 1980. Mais comme je ne suis pas d’une nature défaitiste, je trottine gaiement jusqu’au vestiaire, escortée d’une hôtesse. "Surtout, laissez-y vos téléphones et tout ce que vous avez dans les poches. Vous risqueriez de les perdre dans les attractions", nous conseille-t-elle. Cool, a priori, ça va secouer.

L'introduction qui durait des années-lumières

L'"embarquement" commence. On se retrouve dans une salle qui s’apparente à un sas pré-attraction, où l’on nous fait patienter avec des petites animations sonores et visuelles. Apparaissent alors sur un écran projeté à 180 degrés Yoo l’humain et Moov l’extraterrestre, mascottes du parc. La qualité de l’image commençe à m’inquiéter grandement, mais plus encore celle du son, qui semble sortir d’un minuscule haut-parleur bas de gamme.

La qualité de l’image commençe à m’inquiéter grandement, mais plus encore celle du son

Yoo, l’humain, a lui aussi l’air bloqué dans le temps. Il me fait penser aux personnages de dessin animé typiques des années 2000, avec une "coiffure en pics". Il parle beaucoup. Beaucoup. Et très sincèrement, je ne comprends rien à ce qu’il raconte. Je ne suis même pas sûre que ça ait un sens, mais à ce moment-là, j’avoue que c’est le cadet de mes soucis. J’ai juste envie de commencer les attractions.

On finit par "décoller", ou du moins le vaisseau à l’écran. S’en suit alors une période INTERMINABLE, passée à se balader mollement de galaxies en galaxies modélisées par un graphiste au goût douteux. Mes jambes commencent à fatiguer, les enfants à bailler, les adultes à souffler. "Quand est-ce que c’est fini, papa ?", lance un petit garçon d’environ 6 ans. Je remercie intérieurement l’enfant pour cette pertinente question que tout le monde se pose gravement à cet instant. Surgit enfin de l’obscurité une hôtesse pour nous ramener à la vie. Il faut la suivre dans la pièce suivante pour la première attraction. C'était moins une, j'allais commencer à monter un petit campement dans la pièce.

Expérimentation du sentiment de gêne prolongé

On nous installe dans des fauteuils équipés d’un pistolet laser, lunettes 3D sur le nez. Cette fois, je ne peux pas m’empêcher de penser à Star Tours, l’attraction de Disneyland créée en 1987, qui aurait été couplée à Duck Hunt, jeu Nintendo sorti en 1985. Le principe : viser et détruire le plus de vaisseaux spatiaux ennemis. Malgré l’absence totale de spectacle, c’est plutôt prenant, même si ça devient rapidement rébarbatif. Fin de la partie. S’affiche à l’écran un gros "FAILED MISSION". "Malheureusement, vous avez perdu", nous annonce l’hôtesse en rallumant la lumière. Regard de détresse des enfants à leurs parents : "On a perdu ? Mais pourquoi ?" Bah oui pourquoi ? On les a pourtant tous défoncés les vaisseaux, on n'a d’ailleurs fait que ça. 

On cherche d’ailleurs tellement à comprendre qu’on ne soucie même plus d’avoir la tête en bas

L’attraction suivante consiste en un simulateur de vol dans lequel on peut s’installer à deux. Dommage, l’engin est totalement ajouré, ce qui limite franchement le niveau d’immersion. Là encore, l’épreuve consiste à dégommer un vaisseau spatial dans notre champ de vision, tout en faisant des rotations sur nous-mêmes dans la nacelle. Le gameplay est imbitable, et on ne comprend même pas d’où sortent les points que l’on marque. On cherche d’ailleurs tellement à comprendre qu’on ne soucie même plus d’avoir la tête en bas. 

On passe finalement dans une nouvelle pièce, toujours guidés par un personnel de plus en plus hésitant, autant dans son jeu d’acteur que dans son organisation. Cette troisième "attraction", je crois que c’est la pire de toute. Un véritable enfer pour les yeux. Assis sur des poufs, équipés encore une fois de lunettes 3D, on subit pendant une dizaine de minutes une très vilaine animation projetée à 360° sur des bâches blanches. C’est flou, c’est moche, c’est chaotique niveau scénario (à tel point que je suis incapable de le résumer) et ça fait peur aux enfants. Et pourquoi, POURQUOI les personnages parlent en japonais non sous-titré ?! JE SUIS OBLIGÉE DE CRIER LÀ.

Au passage, on n’a toujours aucune nouvelle de Yoo et Moov depuis l’introduction du parcours, les personnages censés "accompagner les voyageurs tout au long de leur périple". Bref, j’ai dû louper quelque chose.

Mesdames et messieurs, le clou du spectacle : un laser-game

Quatrième et dernière étape, qui n’est ni plus ni moins qu’un laser-game digne de mes premières excursions de groupe entre ados boutonneux. Pour ajouter à mon malaise, tous les plus jeunes se retrouvent dans l’équipe bleue, et nous autres adultes dans l’équipe rouge, ce qui m’oblige à tirer sur de pauvres enfants. Le temps de jeu me semble encore une fois interminable, même si les plus petits y seraient bien restés deux heures de plus. De retour dans la pièce d’équipement, Yoo réapparaît enfin pour nous asséner un discours de clôture toujours aussi cryptique. Je constate que Moov l’extraterrestre ne sera finalement intervenu qu’une fois dans tout le parcours.

De retour dans le centre commercial, je dois dire que je suis assez déroutée : mais qu’est-ce qu’il a bien pu se passer pour créer une expérience aussi datée et à ce point sans queue ni tête ? Un manque de moyen ? Un problème d’équipe ? Le patron du parc est pourtant l’ex-directeur de la communication d’Arianespace. Et pourquoi ne pas avoir intégré au moins à un moment de la VR, la technologie du moment

Quoiqu’il en soit, à 25 euros le billet (sauf les lundis, mardis et jeudis hors vacances scolaires, où il baisse à 19 €), et même si les enfants ont l'air de s'être amusés, c’est ce que j’appelle une arnaque intergalactique. Sauf si l’on désire absolument revenir au doux âge d’or du Futuroscope.

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