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MÉDIAS

En 2016, 57 journalistes tués dont 19 dans "l'enfer" de la Syrie

Des journalistes filmant l'évacuation des civils et des rebelles à Alep le 15 décembre 2016.
Des journalistes filmant l'évacuation des civils et des rebelles à Alep le 15 décembre 2016. George Ourfalian, AFP

Selon le bilan annuel de Reporters sans frontières sur la situation de la presse dans le monde, rendu public lundi, 57 journalistes ont péri en 2016, contre 67 en 2015. La Syrie figure comme le pays le plus meurtrier.

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"Sans surprise, la Syrie reste en tête des pays les plus dangereux", déplore Reporters sans frontières (RSF) dans son rapport annuel 2016, publié lundi 19 décembre. Au total, 19 journalistes ont été tués cette année dans le pays, contre 9 l'an passé. Parmi eux, Osama Jumaa, photoreporter de 19 ans pour l'agence britannique Images Live, a été tué le 5 juin alors qu'il couvrait une opération de secours à la suite de bombardements dans un quartier résidentiel d'Alep.

"Les journalistes périssent lors de leur reportage quand ils ne sont pas délibérément visés par les groupes islamistes radicaux ou les forces loyalistes", précise à France 24 Virginie Dangles, rédactrice en chef de RSF. Sur le terrain, les reporters sont de moins en moins nombreux à couvrir ce conflit. Seuls les journalistes locaux, notamment les journalistes-citoyens, osent affronter le danger pour témoigner de l'horreur dans laquelle est plongé le pays et toute sa population depuis cinq ans."

Bilan moins lourd qu'en 2015

L'année 2016 a toutefois été moins critique pour les journalistes que 2015, selon RSF. Au total, 57 reporters, contre 67, ont été tués dans le monde, principalement dans les pays en guerre. Sans oublier 9 "journalistes-citoyens" (blogueurs) et 8 collaborateurs des médias ont également été assassinés cette année. Parmi les pays les plus meurtriers pour les journalistes figurent également l'Afghanistan (10 tués), le Mexique (9), l'Irak (7) et le Yémen (5), selon l'ONG. 

Le Mexique demeure cette année le plus meurtrier d'Amérique pour la profession, mais aussi le pays en paix le plus meurtrier pour les journalistes. Pedro Tamayo Rosas y a été abattu le 10 juillet devant sa femme et ses enfants, alors même qu'il était placé sous la protection de l'État. Au Yémen, où les rebelles houthis qui ont pris le contrôle de la capitale ne tolèrent pas les critiques des journalistes, selon RSF, le journaliste freelance Almigdad Mojalli, 34 ans, a succombé à ses blessures le 17 janvier après avoir été touché par un raid aérien de la coalition arabe.

Un "protecteur des journalistes" auprès des Nations unies ?

"Ces chiffres alarmants traduisent une violence de plus en plus délibérée" et "l'échec des initiatives internationales en faveur de la protection des journalistes", ajoute l'ONG. Au moins 780 journalistes ont été tués ces dix dernières années en raison de leur profession, selon le décompte de l'ONG.

Cette année, les deux tiers des journalistes tués se trouvaient dans une zone de conflit, "une dynamique inversée par rapport à 2015 qui avait vu de nombreux journalistes tués en temps de paix, à l'image de l'attaque contre Charlie Hebdo à Paris", précise l'ONG. Parmi les victimes, on compte cinq femmes, dont les Afghanes Mariam Ebrahimi, Mehri Azizi et Zainab Mirzaee, tuées en janvier à Kaboul dans un attentat-suicide.

Par ailleurs, RSF plaide pour la création d'un poste de "protecteur des journalistes" auprès des Nations unies, qui aurait le "poids politique, la capacité d'agir rapidement, et la légitimité de coordonner les efforts des Nations unies pour la sécurité des journalistes".

Avec AFP

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