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Obama bloque les forages en Arctique juste avant l'entrée en fonction de Trump

Une plateforme pétrolière dans la baie de Seattle, au nord-ouest des États-Unis, le 15 juin 2015.
Une plateforme pétrolière dans la baie de Seattle, au nord-ouest des États-Unis, le 15 juin 2015. Tim Exton, AFP

Barack Obama a annoncé, mardi, la mise en place d'une interdiction permanente de nouveaux forages gaziers et pétroliers dans les eaux américaines de l'Atlantique et de l'Arctique, signant une de ses dernières mesures en faveur de l'environnement.

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Un mois avant l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, qui a promis de sabrer les règlementations environnementales, Barack Obama a interdit, mardi 20 décembre, tout nouveau forage de gaz ou de pétrole dans de vastes zones de l'océan Arctique.

Cette décision du président démocrate sortant, complétée par une démarche similaire du Canada annoncée simultanément, devrait provoquer une levée de boucliers dans le camp républicain, et une possible guérilla juridique.

"Aujourd'hui, en partenariat avec nos voisins et alliés du Canada, les États-Unis franchissent une étape historique pour (...) préserver les écosystèmes de l'Arctique", a souligné le président américain dans un communiqué, évoquant aussi la nécessité de réduire la dépendance aux énergies fossiles pour lutter contre le changement climatique. Une décision qui s'appuie sur "une base légale solide" et ne peut être remise en cause par un autre président, a assuré un haut responsable de la Maison Blanche.

Barack Obama, qui a fait de la protection de l'environnement l'une des grandes priorités de ses deux mandats, s'est appuyé sur une loi de 1953 (Outer Continental Shelf Lands Act) pour agir à quelques semaines de son départ.

Cette dernière donne aux présidents le pouvoir de protéger les eaux fédérales de toute exploitation d'hydrocarbures. Elle a déjà été utilisée par plusieurs de ses prédécesseurs, dont Dwight Eisenhower et Bill Clinton.

Plus de 30 canyons sous-marins protégés

Avec cette décision, Barack Obama a interdit dans l'océan Arctique au large de l'Alaska, de manière permanente, tout nouveau forage sur un peu plus de 50 millions d'hectares qui comprennent toutes les eaux américaines de la mer des Tchouktches et une large partie des eaux américaines de Beaufort.

De son côté, le Canada a annoncé dans le même temps l'interdiction de manière permanente de tout nouveau forage de pétrole ou de gaz dans les eaux canadiennes de l'Arctique, avec une révision prévue tous les cinq ans.

Dans l'Atlantique, le président américain a par ailleurs désigné 31 canyons sous-marins où tout forage sera également interdit.

Cette annonce intervient alors que Donald Trump, qui a mis en doute à plusieurs occasions la réalité du changement climatique, a promis de mettre fin "à l'intrusion" de l'Agence américaine de protection environnementale (EPA) dans "la vie des Américains".

Le futur président américain a d'ailleurs désigné pour diriger cette agence Scott Pruitt, ministre de la Justice de l'Oklahoma, qui a été à la pointe de la bataille judiciaire pour faire annuler des règlementations visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre des centrales au charbon.

"Le président Obama consolide encore un bilan sans précédent sur le climat"

L'American Petroleum Institute (API), qui représente les intérêts de l'industrie pétrolière, a estimé mardi que l'initiative de Barack Obama entraînait les États-Unis "dans la mauvaise direction". "Bloquer l'exploration offshore affaiblit notre sécurité nationale, détruit des emplois bien rémunérés, et pourrait rendre l'énergie plus chère pour les consommateurs", a estimé l'un de ses dirigeants Erik Milito.

Son de cloche bien évidemment très différent du côté des organisations de défense de l'environnement qui ont salué avec force l'initiative de dernière minute du président démocrate. "Le président Obama consolide encore un bilan sans précédent sur le climat", a souligné Michael Brune, directeur exécutif du Sierra Club.

Barack Obama, qui quittera le pouvoir le 20 janvier, fut l'un des principaux architectes de l'accord de Paris sur le climat en scellant un accord avec l'autre grand pollueur de la planète, la Chine.

Avec AFP

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