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Mali : la travailleuse humanitaire française Sophie Pétronin enlevée à Gao

Des soldats maliens à Gao, le 12 juillet 2016.
Des soldats maliens à Gao, le 12 juillet 2016. Souleymane Anara, AFP

Les autorités françaises ont confirmé dimanche l'enlèvement d'une Franco-suisse à Gao, dans le nord du Mali, par des hommes armés. L'humanitaire dirige une ONG qui vient en aide aux enfants souffrant de malnutrition.

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Une ressortissante française a été kidnappée à Gao, dans le nord du Mali, a indiqué le Quai d'Orsay, dimanche 25 décembre. Dans un tweet, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Romain Nadal confirme ainsi l'enlèvement de Sophie Pétronin, humanitaire qui dirige l'ONG Aide Gao, annoncé dès samedi par les autorités maliennes. 

Les autorités françaises, "en lien avec les autorités maliennes, sont pleinement mobilisées pour rechercher et libérer, le plus vite possible, notre compatriote", a-t-il ajouté. La femme âgée d'une soixantaine d'années a été enlevée samedi par des hommes armés à Gao. "Nous avons lancé des poursuites immédiatement" pour retrouver les ravisseurs, a indiqué la source de sécurité malienne.

Les soldats français de la force Barkhane (4 000 hommes dans la région du Sahel), qui disposent d'une base importante à Gao avec notamment des hélicoptères, "participent activement aux recherches au côté des Maliens", a pour sa part indiqué une source militaire française, sans davantage de précisions.

Ouverture d'une enquête à Paris

Le parquet de Paris a ouvert dans la foulée une enquête pour enlèvement et séquestration en bande organisée, selon une source judiciaire. L'enquête a été confiée aux services de renseignement, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), et au commandement de gendarmerie prévôtale, la police judiciaire militaire auprès des Forces armées françaises à l'étranger, a précisé cette source.

Spécialisée dans l'assistance aux enfants mal nourris, au sein de l'association "Aide à Gao", Sophie Pétronin vivait depuis le début des années 2000 dans la grande ville du nord du Mali. Cette médecin nutritionniste avait échappé de justesse en 2012, grâce à l'aide de rebelles touareg qui l'avaient exfiltrée vers l'Algérie, aux islamistes armés qui avaient pris pendant plusieurs mois le contrôle de Gao.

"Elle était très intégrée à Gao et parlait même la langue locale" a précisé Serge Daniel, le correspondant de France 24 à Bamako. "À Gao c’est un peu la consternation, les populations ne sont pas toutes d’accord avec ce qui est arrivé à cette humanitaire franco-suisse", a ajouté le journaliste.

Pas de revendication

L'enlèvement n'a toujours pas été revendiqué. Elle a été enlevée par un groupe d'hommes qui sont arrivés à bord d'une camionnette Toyota, précisent les médias locaux. Le Mali, et particulièrement le Nord, est la cible d'attaques régulières de combattants islamistes ces dernières années. Le contrôle de cette région instable échappe encore largement aux forces de sécurité maliennes et étrangères qui participent à l'intervention militaire internationale toujours en cours dans le pays pour en chasser les groupes jihadistes.

Le nord du Mali était tombé entre mars et avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à une rébellion de groupes touareg. La ville de Gao, située à 1 200 km au nord-est de la capitale Bamako, est considérée comme l'une des plus sécurisées avec de nombreux postes de contrôle des Nations unies, des forces françaises présentes dans le cadre de l'opération antiterroriste régionale Barkhane, et des forces maliennes. Mais les attaques y sont aussi fréquentes.

Fin novembre, une attaque au camion piégé revendiquée par une organisation liée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a visé l'aéroport de Gao, détruisant les bureaux de la mission de la paix de l'ONU situés à côté.

Avec AFP

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