Accéder au contenu principal
AFGHANISTAN

La défection d’une pilote afghane aux États-Unis suscite un vif débat

Niloofar Rahmani à Kaboul, le 26 avril 2015.
Niloofar Rahmani à Kaboul, le 26 avril 2015. Shah Marai, AFP
3 mn

Niloofar Rahmani, la première femme pilote de chasse d'Afghanistan, a refusé de rentrer dans son pays à l'issue d'une formation aux États-Unis qui s'est achevée fin décembre. Elle dit craindre pour sa vie et celle de ses proches.

Publicité

À 25 ans, Niloofar Rahmani, surnommée la "Top Gun Afghane", est la première femme pilote de chasse d’Afghanistan et la première depuis la chute des Taliban. Sa défection aux États-Unis, à la veille du réveillon de Noël, a suscité un vif débat dans son pays d'origine sur l'insécurité et les droits des femmes.

La jeune femme devait rentrer en Afghanistan samedi 24 décembre après une formation de 15 mois avec l'armée de l'air américaine. Mais la veille de son départ, elle a déclaré qu'elle n'en ferait rien, expliquant craindre pour sa sécurité, et indiqué qu'elle allait faire une demande d'asile politique aux États-Unis. Sa décision lui a valu une volée de critiques, certains l'accusant de "trahison", mais aussi de nombreux messages de soutien.

Depuis qu’elle est devenue la première femme pilote du pays il y a trois ans, Niloofar Rahmani incarne un symbole d'espoir pour des millions de femmes afghanes. Mais cette célébrité lui a aussi valu de nombreuses menaces de mort de la part des insurgés. Quant à ses collègues masculins, nombre d'entre eux font preuve de dédain à son égard, estimant que la place des femmes est au foyer.

>> À lire : Le mollah Akhunzada remplace le mollah Mansour à la tête des Taliban afghans

La jeune femme, interviewée l'an dernier par l'AFP, avait indiqué avoir constamment un pistolet sur elle pour sa protection, et ne jamais porter son uniforme en dehors de la base militaire pour éviter d'attirer l'attention.

"La vraie trahison vient de ceux qui menacent sa vie et celle de sa famille"

Prendre la décision de demander l'asile aux États-Unis a été "extrêmement difficile" pour elle, a expliqué son avocate Kimberly Motley. "Niloofar et sa famille ont reçu des menaces brutales, qui malheureusement ont confirmé que sa sécurité serait fortement compromise si elle revenait en Afghanistan", a expliqué l'avocate. "La vraie trahison à l'égard de l'Afghanistan vient de ceux qui menacent sa vie et celle de sa famille, et aussi de ceux qui continuent d'opprimer les femmes".

Les forces de l'Otan présentes dans le pays ont de leur côté déploré que la jeune pilote ait affirmé dans la presse que la situation sécuritaire du pays s'aggravait. "Les forces de sécurité afghanes ont accompli de grands progrès [...] leur performance en 2016 s'est améliorée par rapport à 2015 et nous nous attendons à ce qu'elle progresse encore en 2017", a indiqué la coalition.

>> À voir : L’Afghanistan dans l’impasse politique

Mais cette perception est loin de faire l'unanimité parmi la jeunesse afghane. Cette dernière continue de fuir le pays en nombre pour échapper à un interminable conflit entre l'armée afghane et les Taliban, qui intensifient leurs attaques à travers le pays.

Avec AFP
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.