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Ce qui va changer, ce qui risque de durer à l’ONU en 2017

Ban Ki-Moon enlace son successeur, le Portugais Antonio Guterres, le 12 décembre 2016, aux Nations Unies, à New York.
Ban Ki-Moon enlace son successeur, le Portugais Antonio Guterres, le 12 décembre 2016, aux Nations Unies, à New York. Eduardo Munoz Alvarez, AFP

Ce 1er janvier, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, cède son poste à Antonio Guterres et cinq pays font leur entrée au Conseil de sécurité. Peu de changements à prévoir en revanche dans les dossiers gérés par l'organisation.

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Lorsque le Coréen Ban Ki-moon a pris la fonction de secrétaire général des Nations unies, le 1er janvier 2007, il estimait que son mandat serait "marqué par d’incessants efforts pour construire des ponts et mettre un terme aux divisions".

Dix ans plus tard, force est de constater que ses efforts n’auront pas suffi à engager de véritables améliorations dans les différents conflits. Ban Ki-moon quittera le 1er janvier ses fonctions avec un bilan décevant, laissant de lui l’image d’un homme sans charisme et manquant de poigne.

Un nouveau secrétaire général

Ce 1er janvier 2017, il est remplacé par le Portugais Antonio Guterres, élu à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU le 6 octobre 2016. L’arrivée de cet ancien Premier ministre socialiste qui a passé dix ans à la tête du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) pourrait donner un nouveau souffle à l’institution. "Le Conseil de sécurité a choisi un défenseur fervent et efficace des réfugiés, qui a le potentiel d’adopter un ton radicalement différent sur les droits de l’Homme en cette période de grands défis", se félicitait Louis Charbonneau, en charge des questions onusiennes au sein de l'ONG Human Rights Watch, dans les colonnes du Monde en octobre, après la nomination d’Antonio Guterres.

>> À voir : Antonio Guterres : "La Syrie doit être une priorité pour nous tous "

Interrogé par le quotidien, Richard Gowan, expert au Conseil européen des relations internationales, estimait, lui, que le nouveau secrétaire général "pourrait donner à l’ONU le genre de coup de pied au derrière dont elle a besoin".

Malgré sa liberté de ton, Antonio Guterres n’aura pas les mains libres. "Que ce soit sur la Syrie, le Yémen, le Soudan du Sud, la crise des réfugiés ou le changement climatique, il sera jugé sur sa capacité à tenir tête aux puissances qui l’ont choisi", a expliqué Louis Charbonneau à France 24.

Cinq nouveaux membres non-permanents au Conseil de sécurité

Cinq des quinze membres du Conseil de sécurité quitteront leur place à la fin de l’année. À partir du 1er janvier 2017, la Bolivie, l’Éthiopie, la Suède, le Kazakhstan remplacent l'Angola, l'Espagne, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande et le Venezuela en tant que membres non-permanents et siègeront pendant deux ans. Le cinquième pays élu, l’Italie, ne sera en poste qu’un an. Après cinq tours de scrutin à l’Assemblée des Nations unies le 29 juin 2016, Rome avait réuni le même nombre de voix que les Pays-Bas. Les deux pays ont donc décidé de partager leur siège. "Nous siégerons une année chacun", avait expliqué le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentilon.

Ces cinq nouveaux membres s’ajoutent aux cinq membres permanents (France, États-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie) et aux cinq autres membres non-permanents siègeant toujours : l’Égypte, l’Uruguay, l’Ukraine, le Sénégal et le Japon.

L’Europe est donc majoritairement représentée dans ce conseil, avec cinq pays membres. Avec trois représentants chacun, l’Afrique, les Amériques et l’Asie sont à égalité. Aucun pays du Moyen-Orient ne siègera au Conseil de sécurité cette année en revanche.

Des défis toujours immenses

En 2017, les Nations unies auront à résoudre des missions tout aussi délicates qu’en 2016 : le conflit syrien en premier lieu qui ravage le pays depuis bientôt six ans, la crise migratoire qu’il a provoquée, mais aussi le changement climatique, dont les conséquences pourraient entraîner de nouveaux conflits.

Selon l’UNHCR, 21,3 millions de personnes sont réfugiées à travers le monde. 53 % de ces personnes sont originaires de Syrie (4,9 millions), d’Afghanistan (2,7 millions) et de Somalie (1,1 million).

Les Nations unies devront également poursuivre leur engagement au Soudan du sud pour tenter de mettre en un terme à la guerre civile qui a déjà fait des milliers de morts et forcé plus d’un million de personnes à quitter leur domicile.

Enfin, l’ONU devra inciter les pays à prendre des décisions en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. À la fin de l’année 2017, la COP23 sera organisée pour la première fois par les îles Fidji, un État insulaire de l’océan Pacifique particulièrement menacé par la montée des eaux qu’entraîne le réchauffement climatique. Cependant, faute de place pour loger plusieurs milliers de personnes sur l’archipel, la conférence se tiendra exceptionnellement à Bonn, en Allemagne.

Un fonctionnement remis en question

Les Nations unies seront-elles légitimes pour mener les négociations sur ces différents sujets ? L’organisation est de plus en plus critiquée pour son fonctionnement et notamment la présence des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Beaucoup jugent qu’elle ne reflète plus la société internationale contemporaine, l’ONU précisant sur son site internet que "plus de 60 États membres des Nations Unies n’ont jamais été membres du Conseil de sécurité".

Le droit de veto accordé aux membres permanents du Conseil de sécurité est, lui aussi, dans le viseur des critiques. Notamment parce qu’il peut s’exercer au sujet d’une décision de la Cour pénale internationale (CPI), empêchant ainsi cette-dernière de juger les membres permanents du Conseil. La CPI s’en trouve affaiblie et a subi ces derniers mois plusieurs démissions d’États africains qui en étaient parties.
 

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