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La Birmanie lance une enquête sur les violences policières envers les Rohingyas

À leur arrivée au Bangladesh, les Rohingyas dénoncent les exactions commises par l’armée et les officiers birmans.
À leur arrivée au Bangladesh, les Rohingyas dénoncent les exactions commises par l’armée et les officiers birmans. Rizwan Tabassum, AFP

Le gouvernement birman a annoncé le 2 janvier l'ouverture d'une enquête après la diffusion d'une vidéo montrant des policiers frappant des Rohingyas. C'est la première fois qu'il reconnaît de possibles exactions contre la minorité musulmane.

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C'est une première de la part du gouvernement birman. Lundi 2 janvier, il a annoncé qu'il allait enquêter sur des violences commises par des policiers sur la minorité musulmane rohingyas.

Ces dernières semaines, 50 000 Rohingyas ont fui une opération de l'armée birmane lancée en réponse à l'attaque de postes frontières dans l'État d'Arakan – que le régime nomme Rakhine – par des groupes d'hommes armés. Arrivés au Bangladesh, ces réfugiés ont décrit les exactions de l'armée birmane : viols collectifs, meurtres, tortures...

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Jusqu'ici le gouvernement avait toujours rejeté ces allégations estimant que la situation était "sous contrôle" et demandant même à la communauté internationale de cesser de nourrir les "feux du ressentiment". Pour la première fois depuis le début des troubles en octobre, le gouvernement a donc changé de discours suite à la diffusion massive d'une vidéo montrant des policiers birmans en train de frapper des Rohingyas.

On y voit des policiers en train de frapper un jeune homme qui est placé de force aux côtés des dizaines d'autres villageois, assis par terre, mains sur la tête. On voit ensuite trois officiers en uniforme battre à l'aide d'un bâton l'un des hommes au sol puis lui asséner des coups de pieds dans le visage.

"Éviter un nettoyage ethnique"

Les autorités se sont engagées à prendre des mesures "contre la police qui aurait battu les villageois lors d'opérations de déminage le 5 novembre dans le village de Kotankauk", d'après un communiqué gouvernemental publié par les médias officiels.

Le cabinet d'Aung San Suu Kyi a notamment identifié quatre officiers ayant pris part à l'opération dont Zaw Myo Htike, qui a filmé la vidéo "à la manière d'un selfie". "Toutes les personnes qui ont été initialement identifiés sont en détention", a-t-il déclaré. "D'autres enquêtes sont en cours pour mettre fin aux agissements d'autres policiers qui auraient frappés des villageois lors de cette opération."

Depuis octobre, des dizaines de vidéos ont été diffusées sur les réseaux sociaux, mais la zone étant interdite d'accès pour les médias notamment internationaux et les ONG, les informations sont très complexes à vérifier.

La semaine dernière, plus d'une douzaine de lauréats du prix Nobel de la paix ont écrit au Conseil de sécurité des Nations unies pour demander une intervention pour éviter cette "tragédie humaine, le nettoyage ethnique et les crimes contre l'humanité".

Le commissaire aux droits de l'Homme des Nations unies, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait qualifié en décembre la réaction du gouvernement birman "d'irréfléchie, contre-productive et insensible". Selon lui, l'approche serait même une "leçon sur la façon d'aggraver la situation".

Le Premier ministre malaisien avait parlé en novembre de "génocide" de la population musulmane rohingya et expressément demandé à Aung San Suu Kyi d'agir.

Avec AFP

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