Découvertes

"Planet Earth II" et les autres docus animaliers sont "un désastre pour la faune mondiale"

"Planet Earth II" a filmé ce léopard des neiges, un spécimen rare parmi les quelque 3 500 derniers de son espèce.
"Planet Earth II" a filmé ce léopard des neiges, un spécimen rare parmi les quelque 3 500 derniers de son espèce. David Willis/BBC

Et si les documentaires animaliers comme "Planet Earth II", aussi fascinants soient-ils, détournaient notre attention de la réalité de la disparition massive des espèces à travers le monde ?

Publicité

On a été des millions à s’extasier devant cette course-poursuite complètement dingue entre un iguane et des serpents, captée par les caméras de la BBC pour la série de documentaires animaliers "Planet Earth II". Mais alors que la chaîne diffusait fin décembre le dernier épisode de cette saison 2, le producteur britannique Martin Hughes-Games – lui aussi grand passionné de la faune – décrit un programme "désastreux pour la faune du monde entier".

VOIR AUSSI : en 40 ans, la planète a perdu plus de la moitié de ses animaux vertébrés

Dans une tribune publiée sur le site de The Guardian, le producteur et présentateur du show "Springwatch" critique l’émission animalière la plus regardée de ces quinze dernières années : "Ces programmes sont faits comme si l’extinction de masse des espèces n’avait tout simplement pas lieu. Les producteurs continuent d’aller dans des parcs et des réserves de plus en plus petites pour tourner leurs films – en créant un monde beau, séduisant et fantaisiste, une utopie où les tigres se promènent toujours en toute liberté, et où le monde sauvage existe comme si l’homme n’était jamais passé par là".

Moins d'utopie, plus de réalité à la télé

Pour Martin Hughes-Games, le constat est clair : plus les téléspectateurs regardent ce type d’émissions aussi captivantes et intéressantes soient-elles, moins ils sont au courant de la vraie situation de ces animaux sauvages, souvent pour la plupart en voie de disparition.

"Au moment même où "Planet Earth II" était diffusée, on apprenait que le nombre d’éléphants et de lions était en baisse, et le mois dernier les girafes entraient sur la liste des animaux menacés d’extinction", assure le producteur. Alors s’il ne condamne pas totalement cette série documentaire "spectaculaire" orchestrée par David Attenborough, ce spécialiste des bêtes aimerait un peu (beaucoup) plus de réalité à la télévision.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine