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Maroc : feu vert à la création de cinq banques islamiques

Vue générale de Casablanca, la capitale économique du Maroc en 2003.
Vue générale de Casablanca, la capitale économique du Maroc en 2003. Mehdi Fedouach, AFP

La Banque centrale marocaine a annoncé, lundi, avoir accordé des agréments à cinq banques islamiques. Le royaume chérifien doit émettre les premiers titres financiers islamiques, appelés sukuks, avant mi-2017.

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Bientôt des crédits halal et des comptes conformes à la charia au Maroc : la banque centrale et le ministère de l'Économie et des Finances du royaume ont autorisé la création de cinq banques islamiques, dites "participatives". Trois autres établissements conventionnels seront également autorisés à "offrir à leur clientèle des produits bancaires participatifs", a annoncé lundi 2 janvier Bank Al-Maghrib, la banque centrale marocaine.

La législation a également été modifiée pour permettre au Conseil supérieur des oulémas, instance officielle qui vise à appuyer la politique religieuse musulmane du Maroc, à accueillir un "Comité charia pour la finance participative", a expliqué Bank Al-Maghrib. Ce comité sera la "seule instance habilitée à émettre des fatwas sur la conformité des produits de la finance participative aux préceptes de l'islam du juste milieu", ajoute le communiqué.

La banque centrale n'a pas dévoilé la date de lancement de ces banques halal dans le royaume, mais selon le ministre de l'Économie et des Finances, Mohamed Boussaid, le Maroc doit émettre les premiers titres financiers islamiques, appelés sukuks, avant mi-2017.

"Ces nouveaux instruments financiers devraient contribuer au développement de la banque participative, en lui permettant en fonction des besoins soit de placer ses liquidités, soit de mobiliser des ressources pour financer son activité", avait expliqué mi-décembre Mohamed Boussaid.

Un secteur à fort potentiel

Les principaux groupes bancaires marocains avaient déposé des demandes d'agrément pour lancer des filiales "participatives", souvent en s'associant avec des banques islamiques des pays du Golfe.

Un engouement qui s'explique par le potentiel du secteur : selon la société américaine de notation financière Standard & Poor's, citée par Usine Nouvelle, la finance islamique pourrait représenter entre 10 et 20 % du système bancaire du Maroc.

Selon une récente enquête réalisée par Reuters, l’Institut islamique de recherche et de formation rattaché à la Banque islamique de développement (BID) et le cabinet conseil Zawya, 98 % des Marocains sont intéressés par les produits bancaires islamiques. Ils sont 43 % à affirmer qu’ils ouvriront des comptes bancaires auprès des établissements islamiques même si les produits bancaires halal s’avéraient plus chers que les services bancaires traditionnels.

Le lancement des banques participatives a été retardé à plusieurs reprises, en raison de la complexité du processus d'adaptation du dispositif règlementaire. L'arrivée de ces nouveaux acteurs devrait en tous cas se traduire par l'ouverture de 150 à 200 agences, selon l'hebdomadaire La Vie Éco.

Avec AFP

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